Khanbalik

 

Khanbalık est le nom de l'actuelle ville de Pékin où fut  fondée par Kubilai Khan la dynastie Yuan. Cambaluc est le nom donné par Marco Polo à cette ville, un nom qui fait rêver...

Mais  Umberto Eco rappelait  dans une communication en 2010 en Sardaigne  que " le profil d'un territoire change avec la teinte du ciel, la brume, l'heure du jour et peut-être même la saison douce qui change la consistance des masses des arbres. Parfois, la terre se teinte du bleu couleur du lointain, elle peut disparaître dans la nuit ou dans la brume, les nuages bas peuvent occulter le profil des monts. Il n-y a rien de plus insaisissable qu'une terre dont on ne connait rien.

Le devisement du monde

Voyageur », « marchand de Venise », « routes de la soie », « aventurier » : ces poncifs collent au personnage de Marco Polo. Mais ce sont des projections de la période coloniale, du XVIe au XIXe siècle. Envoyé de l'empereur, ses déplacements étaient des missions, avec insignes du palais central et souvent escorte militaire. En Asie, il n'est pas marchand professionnel, il est conseiller du prince plutôt que voyageur. S'il amasse avec ses parents un trésor en pierres précieuses, il ne dit pas que ce fut par le commerce ; leurs émoluments et les cadeaux de Kubilai durent suffire à leur constituer une fortune. S'ils étaient souvent « marchands », les patriciens vénitiens étaient toujours aussi officiers d'active, diplomates, conseillers d'État (Matteo Polo pourrait avoir été officier du génie expert en pierrières). Quant au « voyage », l'itinéraire du livre est évidemment reconstruit. ( voir Wikipédia)

Certains auteurs ont essayé de démontrer que Marco Polo affabule mais citons. Baudelaire qui disait que « les récits de Marco Polo, dont on s'est à tort moqué, comme de quelques autres voyageurs anciens, ont été vérifiés par les savants et méritent notre créance ».

 

 

Xian, l'une des quatre capitales de l'ancienne Chine

Promenade dans la vieille ville, jusqu'à la mosquée tout en bois  de la minorité Hui, à laquelle on accède par de toutes petites rues,  au toit parsemé d'herbes folles. Une grande salle de prière très sombre.... Chaque porte de la ville cache un dédale de passages. Un vieux chinois vend des noix. Les rues sentent bon les épices. Xian est située au début de la Route de la soie et des épices...

A quelques encablures, on a retrouvé les cavaliers et les soldats du Premier Empereur. Il est émouvant de penser qu'un tel trésor pouvait se cacher au milieu des champs de maïs. Les statues sont impressionnantes de présence et de majesté.
Près de la gare, arrêt dans une gargote où, sur un tabouret minuscule, une crêpe de maïs, avec du piment et du vinaigre est servie au passant.

Chengdu, capitale du Sichuan

Moitié à pied, moitié à vélo, jusqu'à la chaumière de Du Fu, un poète chinois très apprécié en Chine. Contrairement à celle de Li Bai, davantage tournée vers le passé, l'œuvre de Du Fu adopte des genres nouveaux, introduit dans la poésie des thèmes liés à la vie quotidienneet fait appel à la responsabilité sociale du poète. Il dénonce dans ses poèmes, comme dans la Ballade des chars de guerre, les injustices de son temps.

Le temps est dégagé et la lumière est très belle. Sur le chemin du monastère, le long de la rivière, des cages en osier pour les oiseaux chanteurs  sont accrochés dans les saules, pour leur faire prendre l'air.

Des gens prient. Des bouddhas en bois doré et d'autres en jade blanc. Des bannières multicolores donnent l'impression que le temple est souvent visité. Et pourtant il a été fermé durant la Bande des quatre et depuis, les jeunes ne pratiquent pas beaucoup la religion en Chine.

Emei shan, une des cinq montagnes sacrées de Chine

La campagne depuis Chengdu est très belle : des rizières à perte de vue. Cest la récolte du riz et les grains sont mis à sécher sur de grandes nattes. Les maisons aux toits de chaume donnent sur des cours intérieures où séchent linge et piments. Dans les rizières dévastées, les canards cherchent les grains oubliés...

Il pleut toute la nuit, puis au lever du jour, l'ascension du mont commence ; champs de maïs, bouquets de bambous, monastères disséminés un peu partout... Aux portes de l'un d'entre eux, un vendeur de médicaments traditionnels à base de fleurs et d'herbes. La route suit d'abord la rivière mais un éboulement oblige à regrimper pour retrouver un autre chemin. Avec la pluie,  un monastère, sur notre route offre le logis et après le thé et le diner, c'est l"heure de la prière, au rythme du muyu ( le prêtre tape sur le poisson en bois pour faire sortir les sutras qu'il a avalés  quand le prêtre est tombé dans la rivière).

Puis le matin, réveil à 5h au son des oliphants... Le temps n'est pas au rendez-vous pour continuer l'escalade...

La marchande de sucettes

Avec un morceau de sucre d'orge qu'elle fait fondre tout doucement sur un petit réchaud  alimenté de charbon de bois, une petite louche et quelques baguettes de bois taillées à volonté, elle fait des merveilles...

Sur une plaque de marbre, elle fait couler tout doucement le sirop de sucre et dessine un dragon, un oiseau ou un poisson. A côté, sur un plateau qui tourne, une flèchette en bois indique l'animal choisi. Avec une pincée de poudre rouge ou bleue, le sucre coloré permet toutes les fantaisies, il est très fragile mais la marchande de sucettes est une artiste encore qu'elle répète toujours les mêmes dessins...

De fait, il y a peu de créativité et d'imagination dans la création artisanale. Même les vêtements n'ont aucun signe distinctif, si ce n'est ceux des minorités qui ont gardé leurs traditions..

Pêche aux cormorans sur la rivière Li, au Yunnan

Au débarcadère des bateaux sur la rivière Lijiang. Les Chinois pêchent sur des radeaux de bambou effilés et la vie des champs est à portée des yeux. A la tombée de la nuit, la silhouette des rochers karstiques qui entourent la rivière se découpe sur le ciel rosé.

La pêche au  cormoran est une méthode de pêche traditionnelle dans laquelle les pêcheurs utilisent des cormorans dressés à pêcher en eau douce, La pêche au cormoran était pratiquée au Japon et en Chine. Alors que cette technique est toujours utilisée en Chine, elle est marginale au Japon, En Chine les cormorans sont libres, et reviennent d'eux-mêmes au bateau, mais au Japon l'oiseau est attaché par une ficelle sur laquelle le pêcheur tire pour faire revenir son animal. Pour contrôler les oiseaux, les pêcheurs posent une ligature à la base de la gorge qui les empêche d'avaler les plus gros poissons, mais laisse passer les plus petits...

 


 

Suzhou

  Ville de l'eau ? Enveloppée par le Grand Canal qui  relie le delta du fleuve Bleu à Pékin, Suzhou est prise dans une résille de canaux. Comme Venise, elle est d'ailleurs jumelée avec la Cité des Doges.

Ville des brumes ? Dans ce pays gorgé d'eau, de légères vapeurs flottent souvent dans l'air du matin sur les canaux, embouteillés de sampans et de barges, où vit toute une population de bateliers.

Ville de la soie ? Suzhou fut, dès l'époque Tang ( 678 à 907) un centre manufacturier de luxueuses soieries...

Ville des jardins ? Le jardin du Maître des Filets ( sous les Song du sud, au 12ème siècle) celui du Pavillon des Vagues ( sous les Song) et celui de la Politique des Simples ( sous les Ming),