L'île perdue

Durant tout le Moyen-Age et encore à la Renaissance, on croit fermement à l'existence de l'île paradisiaque visitée par Saint Brendan. Elle apparait sur les cartes, au milieu de la mer,sur la route de ce Japon à atteindre... Parfois, elle est à la latitude de l'Irlande, dans les cartes elle descend vers le sud, à la hauteur des Canaries et parfois, on confond les îles Fortunées avec l'île saint Brendan...L'île n'est pas une île qui n'existe pas car quelqu'un y est bien allé, mais elle est perdue car personne ne réussit à y retourner... Et pourtant, c'est une sorte de paradis terrestre auquel nos navigateurs accostent au bout de sept ans de péripéties.

Car Saint Brendan, avec ses marins mystiques, abordent à beaucoup d'îles: l'île des oiseaux, le pavillon d'or, l'île du chateau du diable , l'île réduite à un écueil isolé dans la mer et cette fausse île qui avait trompé Sindbad et à laquelle le navire de Brendan accoste : ce n'est qu'au bout d"une journée que l'équipage , en allumant des feux s'aperçoit que ce n'était pas une île mais un monstre marin...

L'astrolabe

 Dès l'Antiquité, le navigateur n'avait pas d'autres points de repère que les astres. Avec l'astrolabe, on fixait la hauteur d'un astre au-dessus de l'horizon, et on en déduisait la distance au zénith , soit sa déclinaison qui donnait la latitude - on savait ainsi sur quel parallèle on se trouvait...  Toutefois, pour pouvoir retrouver une île, la latitude ne suffit pas. Il faut aussi la longitude. On le sait, New-York et Naples se trouvent sur la même latitude et pourtant, on le sait tout autant, elles ne se trouvent pas au même endroit. Tel est le problème qui a miné les navigateurs jusqu'à la fin du 18ème siècle. Il n'y avait pas de moyen sûr pour déterminer la longitude...


 

La plus amène des îles

 Dans son De Imagine Mundi, Honorius d'Autun ( 12ème siècle), avait décrit l'île de saint Brendan comme la plus amène des îles, inconnue des humains, qui même quand elle avait été trouvée, n'avait ensuite plus été retrouvée...

Par ailleurs, le fait que l'on pensait que l'ile perdue serait un jour retrouvée, est attesté par le traité d'Evora, par lequel Emmanuel du Portugal renonçait, en 1519 à ses droits sur les îles Canaries en faveur de l'île perdue ou cachée, avec inscription de l'île mystérieuse sur sa carte. En 1721, les ultimes explorateurs partaient en expédition à sa recherche.

L'insula perdita

 L'île est perçue comme un non-lieu, inaccessible, où l'on accoste par hasard, mais où, une fois reparti, on ne pourra plus jamais revenir. Bienheureuses ou Fortunées, ces îles qu'aborde Saint Brendan lors de sa navigation y voient fleurir des civilisations inconnues et parfaites..

 Pourquoi cette fascination des îles ? nous interpelle  Umberto Eco. Non tant parce qu'elles sont un lieu qui est isolé du reste du monde. C'est parce que, jusqu'au 18ème siècle, date à laquelle on pouvait découvrir une île par hasard et à l'instar d'Ulysse, on pouvait même s'en échapper mais depuis Saint Brendan, une île a toujours été une insula perdita..

L'île verte

Nos navigateurs abordent une île très fertile en beaux bois et en prairies. Les prés splendides y forment un jardin. Ni ronces, ni chardons, ni orties n'y poussent à profusion.Les arbres sont continuellement chargés de fruits sans tenir compte de la saison qui ne change pas; c'est toujours l'été et le temps reste doux. Les roselières exsudent le miel grâce à la rosée qui descend du ciel.

Il n'y a pas de montagne qui ne soit d'or, pas de grosse pierre qui ne vaille un trésor.Le soleil ne cesse d'y briller de tout son éclat, aucun vent, aucun souffle, aucun nuage dans le ciel ne masque la lumière du soleil.

 

source: Navigatio sancti Brandani, M.A Grignani, 1975

Les Celtes en Irlande

Nombreuses sur les côtes irlandaises, les forteresses sur promontoire pourraient remonter à l'âge du fer celtique. Dans cette île rude où les souverains occcupent des résidences fortifiées, l'écriture sera introduite tardivement ainsi que le christianisme avec St Patrick en 432. La littérature témoignera de l'héritage celte. Les poètes, nouveaux gardiens de vieilles épopées sauront faire coexister la transmission manuscrite avc la tradition orale...

Le livre de Kells est le chef-d'oeuvre de l'art celtique insulaire. Des détails d'écriture sont si fins qu'ils sont presque invisibles...

source Découvertes Gallimard - l'Europe des Celtes

L"héritage celtique

Si les langues celtiques ont accusé un déclin certain, elles n'ont jamais cessé d'être parlées. En littérature, l'inspiration celtique traverse les siècles. Le cycle du Roi Arthur est très prolifique. Chrétien de Troyes en reprend la geste dans ses poèmes. Dante, lui-même dans la Divine Comédie évoque le coup furieux d'Arthur perçant d'un coup d'épée l'ombre...

Dernière touche d'actualité: de nombreuses maisons géorgiennes paradent à Dublin, leurs portes surtout, toutes différentes, autour des places St Stephen's Green, Marrion square et Fitzwilliam Square...