Hermann Hesse

" Les mots traduisent mal leur sens secret.; tout est toujours un peu différent, parfois insensé..."

Dans le mot chinois, on devine l'Orient, et cette sagesse, ce chemin vers la connaissance, vers soi-même, qui ont été tant inspirés par le bouddhisme.
La nouvelle qui va suivre va peut-être dérouter le lecteur, tant son auteur manie des concepts nouveaux et inattendus...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Han Fook

Han Fook ne savait plus s'il était encore éveillé ou s'il s'était assoupi lorsqu'il perçut  un léger bruissement et vit un inconnu debout près de l'arbre, un vieil homme respectable. L' étranger sourit et dit: " Si tu veux devenir poète, alors viens chez moi. Tu trouveras ma cabane près de la sourrce du grand fleuve dans les montagnes au nord ouest. Je m'appelle le Maître de la parole accomplie. En disant ces mots, il pénétra dans l'ombre de l'arbre et disparut...

Han Fook se hâta de gagner l'autre rive en bateau et participa à la fête mais il ne cessait d'entendre la voix mystérieuse de l'étranger et il lui sembla que son âme s'en était allée avec cet homme..Il demanda à son père de se retirer dans la solitude pour un certain temps encore car, le soir de l'illumination aux lanternes et à la faveur d'un songe, un Maitre lui était apparu, qu'il désirait devenir son disciple...

Après une très longue marche, il atteignit la source du fleuve et découvrit une cabane de bambou devant assis le vieil homme, en train de jouer du luth. Han Fook le suivit dans la cabane et resta chez lui en tant que disciple et serviteur. Au cours des mois suivants, Han Fook composa un petit poème. Le Maitre n'en dit pas un mot. Après un séjour de deux ans, le jeune homme ressentit le désir de revoir sa famile, son pays et pria le Maitre de le laisser partir..

Mais, à peine arrivé, il s'enfuit hors de sa ville natale pour retourner dans la haute vallée.

Il resta à  jouer de la cithare, puis de la flûte et commença à composer des poèmes sous la direction du Maître.

Le présent et le passé

Han Fook ne savait pas combien d'années il était resté chez le Maître, à la source du grand fleuve.Un matin, il se réveilla seul dans la cabane et il eut beau appeler et chercher partout il dut constater que le Maître avait disparu...

Han Prit son luth et redescendit au village mais toute sa famille avait disparu.

Le soir, cependant, on célébra la fête sur le fleuve, à la clarté des lanternes et Han Fook se tenait sur l'autre côté rive du fleuve, appuyé au tronc d'un vieil arbre. Il regardait dans la rivière et de même qu'il ne savait plus faire la différence entre les images reflétées et les véritables images, il ne faisait dans son esprit plus de différence entre cette fête-là et celle de son enfance...