La divine proportion

Que peuvent bien avoir en commun des phénomènes naturels aussi différents que l'agencement d'une graine de tournesol, l'élégante spirale dessinée par la coquille de certains mollusques et les bras de la Voie lactée ? Quelle règle géométrique d'une inégalable harmonie se cache dans l'oeuvre des plus grands artistes, de Vitruve à Salvador Dali et de Léonard de Vinci à Le Corbusier ? Si incroyable que cela puisse paraître, la réponse à ces deux questions réside dans un simple nombre, connu depuis l'Antiquité et dont la présence remarquée dans les représentations artistiques et naturelles lui a valu l'appellation de "nombre d'or" ou de "divine proportion". Chargé de plus de deux mille ans de mathématiques et d'autant de réflexions sur l'harmonie et les liens qui unissent les nombres et notre perception de l'espace, il n'en finit pas de nous fasciner.

Salvador Dali - le rectangle d'or

Salvador Dali a utilisé le rectangle d'or pour certaines de ses toiles, notament le Sacrement de la dernière cène.
La composition se devait alors de mettre en valeur le sujet tout en produisant une circulation du regard afin de créer, au coeur de la toile, une harmonie absolue.
Dali a placé La Cène dans un dodécaèdre régulier, symbole de l'Univers pour Platon.Le dodécaèdre possède 12 faces et il y a 12 apôtres !
L'organisation du tableau suit la règle de proportion régie par le nombre d'or. Le point de fuite est situé à la tête du Christ.

Rembrandt - le triangle d'or

L’autoportrait de Londres est une des oeuvres majeures de Rembrandt. Mentionné vers 1800 dans une collection française de la famille noble des Richmont, il sera acheté par la National Gallery en 1861.

C’est un autoportrait,  la tête tournée vers le spectateur que fixent les yeux du peintre. Coiffé d’un magnifique béret de fourrure, décoré d’une chaîne en or et vêtu à la mode du XVIe siècle, Rembrandt pose en maître de la peinture de son époque. Mais il se trouve que beaucoup d'autres autoportraits ont été peints par Rembrandt. Et on est fasciné, car même si tous les peintres hollandais aimaient à se représenter dans leur atelier, seul Rembrandt a peint plus de quarante autoportraits, en respectant la règle du triangle d'or, quand la composition du tableau s'y prêtait ...

 

 

 

 

L'annonciation

Dans l'Annonciation de Léonard de Vinci (galerie des Offices, Florence), si l'on découpe les côtés du tableau selon les proportions du nombre d'or, on obtient des lignes qui délimitent l'emplacement des personnages (lignes verticales) ou qui définissent la ligne des épaules, des mains ou des genoux (lignes horizontales).

C'est la divine proportion qui s'applique à la composition de ce tableau avec une répétition d'associations au nombre d'or dans les lignes tracées pour quadriller le sujet...

La spirale ADN

 La molécule d'ADN (ou Acide Désoxyribonucléique) est le matériel où est stockée l’information génétique et l’ensemble des caractères héréditaires d’une cellule. Elle contient donc toutes les informations relatives à la vie sous toutes ses formes. Sa structure moléculaire consiste en une sorte d’échelle constituée de quatre sortes de barreaux. Elle est représentée par une double chaîne de nucléotides de forme hélicoïdale. Or, la spirale d’ADN se trouve être basée sur la section d’or.

L’ADN dans la cellule se présente comme une double hélice entrelacée. Cette forme a deux sillons dans ses spirales dans un rapport du nombre d’or...

Les radiolaires

 La forme géométrique du dodécaèdre apparait également dans les squelettes en silice des radiolaires, des micro-organismes marins unicellulaires. Les structures basées sur ces deux formes géométriques, comme le dodécaèdre régulier avec les nombreuses formations sur leurs surfaces forment les corps d'une beauté changeante des radiolaires. Ce sont des organismes microscopiques  et qui consistent  tout simplement en piquants rayonnants ou en sphères treillissés...

La plupart des espèces sécrètent des parties siliceuses, dont quelques-unes ont la forme d'aiguilles ou d'étoiles isolées, et qui se groupent suivant une disposition concentrique, rayonnée ou globulaire, en constituant un squelette composé. La variété de ces squelettes siliceux est réellement surprenante; l'élégance et la délicatesse de ces productions dépasse toute imagination...

 

Le pentagone doré

Le pentacle ou pentagramme était le signe de perfection selon les Grecs et on ne saurait s'étonner que les artistes aient pris plus ou moins consciemment la précaution d'introduire dans leurs créations des structures pentagonales ou liées aux pentagones. Le pentacle proprement dit se retrouve gravé sur certaines monnaies antiques. On peut l'observer parfois dans les roses de certaines cathédrales ou églises gothiques, par exemple à la rose « Nord » de la célèbre cathédrale d'Amiens...La rose du transept nord est la plus ancienne des trois que compte la cathédrale. Elle est datée des toutes dernières années du XIIIe siècle. Dans l'ouvrage des Éditions du Patrimoine sur la cathédrale d'Amiens, elle est appelée «rose des Vents». Sa conception est originale : une étoile à cinq branches en compose le centre. À partir de ses pointes et de ses creux naissent les quinze subdivisions qui constituent la rose.
  
   

Cristaux de neige en hexagone

 

        On retrouve la proportion dorée dans les structures cristallines telles que les cristaux de neige. En effet, dès le 17ème siècle, Johannes Kepler note que les cristaux de neige sont arrangés en hexagones. Sachant que l'hexagone est une figure géométrique dite "d'or", on peut donc dire que les cristaux de neige respectent la proportion harmonieuse du nombre d'or.