Le caméléon

Le héros ? C'est Nikolaï , qui retrouve un chef-d'oeuvre de la littérature ukrainienne étrangement annoté. L'auteur de ces annotations ? Il gît au fond d'un cercueil, la carte d'un trésor à ses côtés. Le trésor ? Il se trouverait dans un fort du désert kazakh où un caméléon a pris ses quartiers. L'histoire est à peine dévoilée avec cette présence animale insolite et changeante, qu'elle va se révéler être la cheville ouvrière du roman, mais sous toutes ses formes et ses couleurs. Chacun sait que le caméléon est expert dans l'art du camouflage et les nationalismes dénoncés par l'auteur, aussi...Andréï Kourkov - éditions Seuil - collection Points - 2002 -

Allmen et les libellules

Johann Friedrich von Allmen a dû s'installer dans la maison de son  jardinier, sa maison ayant été vendue pour une bouchée de pain pour éponger ses dettes...
Mais pourquoi renoncer à son piano, à l'opéra quand il est si facile de dissimuler un vase Kangxi sous son manteau en cachemire, pour le revendre à un antiquaire discret ? Et cette coupe Art nouveau signée Gallé, ornée d'une libellule, ne lui permettrait-elle pas de rentrer dans ses frais ? Beaucoup de passif pour un actif aventureux, plein de rencontres surprenantes et inattendues...

 

 

Martin Suter - Christian Bourgois éditeur - 2012

La tante Julia et le scribouillard

Ce roman est structuré entre les chapitres impairs et les chapitres pairs.
Dans les chapitres impairs, nous découvrons l'histoire de Varguitas, jeune homme vivant chez ses grands-parents entouré d'une nombreuse parentèle… Arrive la tante Julia, divorcée venue de Bolivie pour se trouver un nouveau mari bien nanti. Se trame entre Varguitas et Julia un petit flirt qu'ils cachent à la parenté et qui petit à petit se transforme et grandit. Il faut dire que Julia a 30 ans et Varguitas 18 !!!!
Mais, dans les chapitres pairs, nous découvrons un personnage clé de ces années 50…. le feuilletoniste radio. Pas n'importe lequel : Pedro Camacho venu de la Bolivie voisine. Nous découvrons ses histoires et son histoire. Mais qui est vraiment le scribouillard ???? Pedro Camacho le feuilletoniste ou Varguitas.

source Mario Vargas Llosa - 1980

Le livre d'images

Je suis un voyageur curieux et chaotique. J'aime découvrir des lieux au petit bonheur, à travers les images qu'ils peuvent avoir à m'offrir : paysages et édifices, cartes postales et monuments, musées et galeries abritant la mémoire iconographique d'un endroit. Autant qu'à celle des mots, je prends plaisir à la lecture des images et à la la découverte des histoires explicitement ou secrètement tissées dans toutes sortes d'oeuvres d'art- et sans qu'il soit nécessaire de recourir à des vocabulaires obscurs ou ésotériques.J'ai pour unique excuse de n'avoir été guidé par nulle théorie de l'art, mais par la seule curiosité...

source : Alfredo Manguel - éditions actes Sud - Babel - 2001

Grammaire de l'objet chinois

Il y a presque deux mille ans qu'ont eu lieu les premiers échanges entre la Chine et l’Occident. Il faudra toutefois attendre le XVIIIe siècle pour que leLivre des Merveilles du Monde de Marco Polo enflamme notre imagination. Les « chinoiseries » s’emparent alors de l’Europe qui importe et produit des faïences, des porcelaines, des meubles, des tapisseries. L’amateur d’objets chinois qui se lance, aujourd'hui,  dans la cohue des marchés ou explore les échoppes d’antiquaires ne tirera satisfaction de sa quête qu’au prix d’un apprentissage élémentaire. Simple, clair et remarquablement documenté, ce livre de Michel Culas permet cet apprentissage et apparaît comme la meilleure introduction à la symbolique et à la culture chinoises.

Une véritable bible pour tous les amateurs d'objets chinois. Ce livre se distingue surtout par l'originalité des sujets abordés que l'on ne traite généralement pas ailleurs (sceaux, cerfs-volants, lampions, lunettes, cages à grillons...) Très documenté et richement illustré, il comprend également un inventaire des symboliques animales et végétales dans l'art chinois. 

Istambul d'Orhan Pamuk

On remontait le Bosphore,  le livre, à portée de mains, rempli de photos noir et blanc, et de reproductions de peintures. J’y ai lu quelques chapitres de Pamuk sur Istambul, sans éprouver le besoin de prendre des photos moi-même..
Pamuk dit que le Bosphore passe en plein centre de la ville. Je suis un peu réservé devant cette assertion car la rive asiatique d’Istanbul est beaucoup moins centrale que la partie européenne. Quasiment tout ce qui se visite, quand on ne fait que passer, se situe à l’ouest.
Le livre de Pamuk se lit formidablement car il passe avec grâce de ses souvenirs d’enfance, de sa famille, à la ville, à l’histoire et à l’histoire culturelle.

Istambul, suite

Chapitre 6, il parle des excursions avec sa mère et son frère, et parle de la mélancolie qu’il y a, quand on est Turc, à voir les vieilles demeures ottomanes magnifiques au bord de l’eau. Nostalgie du passé qui mène au présent.
Chapitre 7. C’est une promenade dans les peintures de Melling, peintre allemand d’origine française qui a beaucoup représenté la ville au 18e siècle. Après quoi il revient sur des souvenirs familiaux, et en particulier les disparitions de son père. Les absences de son père sont au coeur de la tristesse de l’écrivain qui analyse et généralise cette tristesse dans le
Chapitre 10, « Hüzün ». Hüzün, c’est le nom d’origine arabe qui désigne la mélancolie spécifique à la ville d’Istanbul. Cela amène l’écrivain à évoquer un grand intellectuel stanbouliote comme le poète Kemal. La thèse de Pamuk est que ce grand créateur de la modernité turque a pu trouver sa voix propre en se consacrant à la dériliction d’Istanbul, la chute de la civilisation ottomane...

Eventails

Atelier d’éventailliste depuis 1805, le musée  dévoile les montures mettant en scène les matériaux les plus raffinés: la nacre, l'écaille, l'os, le bois…

La collection de la maison abrite des centaines d’éventails des 18ème, 19ème et 20ème siècles se pavanant derrière des vitrines, déployant leurs robes de papier, de plumes ou de soie, sur fond de murs brodés au fil d'or. Pendant ce temps dans les fonds de tiroirs, d’autres modèles, inspirés de la mythologie et de la Bible  ou tout aussi finement travaillés ou richement illustrés art déco, attendent patiemment, car le talent et l'imagination des artisans qui les ont créés ne seront révélés que sur demande..

source : musée de l'éventail par P.Payen-Appenzeller

Les rues de Paris

A qui s'adresse ce livre ? A l'historien, intéressé par le récit des évènements; au penseur, par les enseignements de l'histoire; au philosophe, pour le souvenir de la lutte et du progrès; à l'artiste, par l'étude et la reproduction des monuments; à l'antiquaire, par l'esquisse rétrospective des ruines et des reliques; aux femmes, par la curiosité du roman et de la mode; à l'homme du monde, par le charme d'une science facile, à l'homme du peuple, par les chroniques et les traditions populaires; à l'étranger, au voyageur pour les indications sur la cité. Un exemple parmi d'autres, plutôt insolite : la rue Rambuteau...

 

source - BNF Gallica - 1844 - Arago

Si par une nuit d'hiver un voyageur

«Ce livre est né du désir de lecture. Je me suis mis à l'écrire en pensant aux livres que j'aimerais lire. Je me suis dit alors : la meilleure façon d'avoir ces livres c'est de les écrire. Pas un livre, mais dix, l'un après l'autre, et tous à l'intérieur du même livre. Et chaque fois que je commençais, dans ce roman, un nouveau roman, ce qui me poussait, c'était encore et toujours le désir de lecture. J'ai vraiment voulu faire le livre du lecteur. Pas seulement parce que le lecteur est le seul véritable héros de ce livre, mais aussi parce que c'est son désir (et pas seulement le mien) de lecture qui dicte les différents livres, comme dans un livre gigogne...

Italo Calvino (1979)

Voyages et aventures du Docteur Festus

Deux siècles après que le philosophe Descartes eut parcouru le grand livre du monde et peu avant que le savant Cosinus (héros de feuilleton du 19ème siècle) n'entreprenne de visiter la planète, le docteur Festus, ayant hésité entre l'âne et le cheval, et finalement, choisi un mulet, se met en route pour " son voyage d'instruction" et donne lieu à un récit mouvementé de ses tribulations et des aventures de ses protagonistes Milady, Milord et sa force armée.....  Au terme de son voyage et après avoir provoqué une violente querelle d'astronomes, le docteur Festus rentre chez lui, satisfait...

source :Rodolphe Toepffer - Le monde en 10/18 - 1963

Le joueur d'échecs

le Joueur d'échecs

 

Ce récit est le dernier, écrit par Stefan Zweig au Brésil, tout comme il aurait pu le faire sur le paquebot qui l'emmenait d'Europe à Rio dans sa fuite du régime nazi - un thème récurrent que l'on retrouve dans sa nouvelle Amok. " J'ai commencé une petite nouvelle sur les échecs, inspiré par un manuel que j'ai acheté pour meubler ma solitude, et je rejoue quotidiennement les parties des grands maîtres." Tous les ingrédients sont présents pour faire de ce joueur d'échecs une fable inquiétante, fantastique, qui " pourrait servir d'illustration à la charmante époque où nous vivons."

 

source : Stefan Zweig - Livre de Poche - 2005

Le grand empereur et ses automates

A la fin de son règne, le Premier Empereur vivra, entouré d'automates, pensant ainsi avoir prise sur ses sujets. Mais n'aura-t-il pas été lui-même qu'un pantin entre les mains de son premier ministre ? Tout en relatant l'aventure de cet étonnant empereur, le roman nous fait traverser tous les miroirs de la civilisation chinoise, cruelle et raffinée, voluptueuse et conquérante , si bien que le présent de la Chine s'explique parfaitement par son passé. Et pourtant,  Qin Chi Huang Ti n'est-il pas l'auteur d'un autodafé, unique dans l'histoire de la Chine ?

source : Jean Lévi - éditions Albin Michel - 1985 -