La forêt en feu

Le sinologue et historien d'art est amené, depuis la Révolution culturelle, à prendre position sur la tragédie maoïste et propose une allégorie pour l'illustrer : la forêt où un vol de palombes avait élu domicile, a pris feu. Les oiseaux, s'élançèrent vers la rivière, y trempèrent leurs ailes et revinrent secouer les gouttes d'eau de leurs plumes sur l'incendie : conscientes du peu d'effet de leur manège pour sauver leur forêt, elles ne s'arrêtent pas pour autant ... Car la culture chinoise demeure vivante malgré les aléas de son histoire et la Chine est une : passé et présent y sont inextricablement mêlés...

 

Pierre Ryckmans - éditions Herman - 1983 -

Nouvelles de Pouchkine

Pouchkine est d'une famille, d'une lignée spécifiquement russe. Son oeuvre, dans sa forme et son expression, est liée à la formation de la langue littéraire russe. Mais il est aussi un poète européen car il avait une vision d'ensemble de l'Europe, et que tout en restant russe, il avait conscience d'en faire partie. Voilà pourquoi on ne peut pas dire qu'il soit insaisissable à tout étranger...Les nouvelles de ce roman sont très courtes mais d'une grande force évocatrice, Pouchkine est un maitre du fantastique qui manie l'ironie comme Gogol, et peut devenir tragique. C'est tout simplement à lire, car une histoire de quelques pages reste gravée dans la mémoire comme certains longs romans.
Pouchkine, à l'esprit vif, retranscrit à merveille ses pensées, dans ses courtes nouvelles...

Le pays où habitait Albert Einstein

 Etienne Klein parti sur les traces d'Albert Einstein, s'est attaché aux époques et aux villes où le destin d'Einstein a basculé : Aarau où, à seize ans, Einstein se demande ce qu'il se passerait s'il chevauchait un rayon de lumière ; Zurich, où il devient ingénieur en 1901 et se passionne pour la physique expérimentale ; Berne où, entre mars et septembre 1905, il publie cinq articles, dont celui sur la relativité restreinte qui révolutionnera les relations de l'espace et du temps, tout en travaillant à l'Office fédéral de la propriété intellectuelle ; Prague où, en 1912, il a l'idée que la lumière est déviée par la gravitation, esquissant ainsi la future théorie de la relativité générale. Puis Bruxelles, Anvers et, enfin, Le Coq-sur-Mer où, en 1933, Einstein se réfugie quelques mois avant de quitter l'Europe pour les États-Unis. Ainsi est retracée une vie d'exils successifs, arrimée à la physique, un art du questionnement fidèle à l'esprit d'enfance...

 source - éditions Actes Sud 2016


 

Architectures de terre - Centre Georges Pompidou - 1981 -

Les oirigines des traditions populaires de l'architecture de terre remontent aux sources de l'histoire de l'humanité. C'est en terre crue que furent édifiées en Mésopotamie, il y a quelques dix mille ans, les premières villes  : Jéricho semble avoir été la plus ancienne. Babylone était aussi bâtie en terre, ainsi que la Tour de Babel. C'est ainsi que le tiers au moins de nos contemporains vivent dans des architectures de terre. Mais ces constructions ne seraient-elles pas fragiles et résisteraient-elles au temps ? Un exemple parmi d'autres atteste des vertus de résistance de la terre crue : la Muraille de Chine... Mais, en plus des habitats, on a construit en terre des villes entières comme Sanaa au Yémen et dans le sud-ouest des Etats-Unis de multiples églises et monastères, en Afrique Noire, de grandes mosquées comme celle de Mopti au Mali.

Voyage en Arménie

Cette prose est une prose pure, magique. Elle n'a ni sujet, ni héros. La classera-t-on "notes de voyages" ? Mais elle divague tant hors du paysage aride et sacré de l'Arménie... Mandelstam se délecte de l'altitude, de la langue magique, de l'antique simplicité de cette république contemporaine d'Homère. Au pied de l'Ararat, il éprouve la jubilation de l'homme, proche de la vigne. L'oeil perçant du poète émiette et brise ses dents sur la sauvage harmonie des églises arméniennes et s'enivre des magiques grappes sonores des langues caucasiennes.

Son empire est immense et, tendue sur le paysage sec et rugueux de l'Arménie, sa toile presque abstraite est un cri de lumière. Il nous dit sa joie de la miniature persane...

source : Ossip  Mandelstam - l'Age d'Homme - 1973 - texte de G.Nivat

Folie et génie

Pierre Jean Jouve est le poète de la solitude, du silence et du secret. Mais la malédiction dont il se plaint, le poète l'a souvent recherchée et même aimantée. En dehors de l'oubli de toute son oeuvre de jeunesse, il y a une étonnante suite de mouvements de rupture. C'est ainsi qu'en 1935 il abandonne brutalement l'écriture romanesque pour mettre en relation "génie et folie" à propos de trois poètes, Nerval, Hölderlin et le Tasse...

C'est par Monteverdi que le poète rejoint le Tasse dont il admire la fascinante histoire de ces deux amants Tancrède et Clorinde qui ne cessent de s'entretuer et de s'étreindre à nouveau. Avec Nerval, Jouve se sent de bien plus fortes affinités. L'oeuvre ne cessera d'être méditée, saluée. Enfin, Hölderlin est certainement le plus insaisissable. Si Jouve a éprouvé le besoin de le traduire, c'est pour mieux le comprendre...

source : Pierre-Jean Jouve - éditions Fata Morgana - 1983 -

La Nouvelle dans la littérature américaine - 2 tomes

Pour qui préfère la nouvelle au roman, la lecture de ces deux petits recueils sera un vrai régal.
Nous y trouvons des nouvelles d'auteurs aussi célèbres que Nathaniel Hawthorn, Washington Irving, Henry James, Edith Wharton, Edgar Allan Poe, Herman Melville, Hemingway, Scott Fitzgerald, William Faulkner et d’autres.
L'avantage de cette anthologie est la découverte de grands classiques mais aussi des nouvelles moins connues, quoique très représentatives de l'art si américain de la short story, comme" les parias du poker flat" de Bret Arte...

source les Belles Lettres - 2000 -

Babel et le vocabulaire esthétique

Babel est un de ces ouvrages dictés par des chocs en retour de l'appartenance de son auteur, Roger Caillois, au groupe surréaliste, nés d'une réflexion des Lettres depuis le romantisme, sur la sorte de fureur destructrice où elles se consument. Mais cette enquête( ou, si l'on veut, ce réquisitoire) n 'est pas seulement une mise en cause, esthétique, morale et sociologique de la littérature contemporaine." Quel extravagant itinéraire, s'emporte l'auteur : de Babel à mes écrits suivants comme le Mythe  et l'homme, j'ai cessé peu à peu de considérer l'homme comme extérieur à la nature ou comme sa finalité. L'opposition de la nature et de l'art déterminent les pôles antagonistes du Vocabulaire esthétique...

source : éditions idées/Gallimard - 1978 -