La Ligue du Nord

En Italie, l'avenir de la LIgue du Nord se pose en ces termes : va-t-elle passer du régionalisme au nationalisme ? A l’origine du parti, il y a un homme, Umberto Bossi. Il réussit l’opération délicate en 1991 de rallier l’ensemble des ligues nordistes du Piémont, de la Vénétie et de la Lombardie autour d’un seul mouvement : la Ligue du Nord pour l’indépendance de la plaine du Pô. Mais le parti est freiné dans son ascension en raison d’un scandale qui éclate en 2012 : Umberto Bossi, plusieurs membres de sa famille et des proches sont visés par une enquête pour détournement de fonds publics. C’est là que Salvini intervient pour reprendre une formation politique en totale déshérence. L’arrivée de Matteo Salvini au poste de secrétaire fédéral marque le début du déclin de la ligne indépendantiste défendue jusqu’alors.

Depuis son élection à la tête de la Ligue du Nord en 2012, Matteo Salvini arrive à imposer son idéologie : à droite toute. Finies les attaques contre l’Etat et les actions menées par la Ligue du Nord font désormais écho à la montée de l’extrême droite, partout en Europe. Les thèmes indépendantistes et les questions sociales ont laissé place aux thèmes identitaires et aux alliances au sein de l'Europe.

On observe néanmoins une reprise du parti aujourd'hui et un enracinement dans les terres du nord, où la marque reste une signature reconnue sur le marché électoral. Incapable de dépasser un certain seuil, on peut penser que Salvini finira logiquement par se rallier à Berlusconi car ce n'est pas uun idéologue comme l'était Umberto Bossi...

A noter que la Lombardie et la Vénétie sont dirigées par la Ligue du Nord et elles figurent parmi les régions les plus riches d'Italie en contribuant à hauteur de 30% au PIB du pays. Elles sont aussi parmi les plus "vertueuses" en termes d'endettement et de dépenses publiques par habitant. A l'i'ssue de référendums d'autonomie, organisés en octobre dernier, plus de cinq millions de personnes ont voté pour le changement..

Si la Catalogne est dans toutes les têtes, la situation est totalement différente dans ces deux régions italiennes. La Ligue du Nord a elle-même relégué aux oubliettes toute velléité indépendantiste car le sentiment indépendantiste est très peu présent en Vénétie et en Lombardie. Il ne s'agit pas d'un vote contre l'unité de l'Italie. Ce besoin d'autonomie s'appuie sur certains des ressorts ayant conduit au Brexit ou à la crise catalane, à savoir une certaine défiance vis-à-vis des États centraux et de l'Union européenne.