Pâtissier syrien réfugié en Jordanie

Le pâtissier syrien reconverti à Amman , en Jordanie

Irbid (Jordanie) (AFP) - Des effluves de fleurs d'oranger, d'amande et de noix de coco s'échappent de la boutique de Mazen Obeido, dans le nord de la Jordanie. Ce pâtissier syrien n'avait jamais imaginé qu'il puisse un jour prospérer loin de son pays.

Il pose ses valises en Jordanie pour "tout recommencer à zéro". Il loue un local à Irbid, au nord d'Amman, où il installe son atelier et sa boutique. "Je travaillais nuit et jour sans arrêt". Les efforts de Mazen finissent par payer. 

Galettes au sésame, baklavas, gâteaux à la semoule parsemés de pistaches ou glace traditionnelle à la crème de lait... le pâtissier propose les mêmes douceurs qui trônaient autrefois sur de grands plateaux dans ses magasins en Syrie.

 Made in Syria -

Quelque 200.000 réfugiés syriens ont trouvé refuge à Irbid située à 89 km au nord d'Amman. Le royaume hachémite, voisin de la Syrie, accueille plus de 650.000 réfugiés syriens selon le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés. Les autorités jordaniennes disent elles en accueillir 1,3 million.

La Syrie, avant de basculer dans la guerre il y a plus de six ans, était un paradis pour les gourmands avec ses barazeks, petits biscuits saupoudrés d'éclats de pistache et de graines de sésame, ses mabroumas, gâteaux à base de vermicelles et farcis généralement de pistaches, ainsi que ses douceurs fourrées au fromage.

Malgré l'exil, Mazen tient à préserver cette touche syrienne. Dans ses boutiques et son usine, la majorité de la centaine d'employés sont syriens, et même les outils sont "fabriqués en Syrie".

Reprenant à son compte le proverbe "mieux vaut apprendre à quelqu'un comment pêcher que de lui donner un poisson", Mazen Obeido forme gratuitement ses compatriotes, dont des centaines de milliers ont fui la guerre.

"Je veux leur apprendre le métier pour qu'ils vivent dans la dignité, je veux qu'ils apprennent eux mêmes à pêcher le poisson", répète-t-il.