22. janv., 2018

Au fil du mékong

Le Mékong nait sur les hauts plateaux tibétains à 5000 mètres d’altitude, puis il traverse la Chine, le Laos à la frontière du Myanmar, la Thaïlande, le Cambodge et le Viet Nam, sur une distance de presque 5000 kilomètres. Son nom d’ailleurs varie selon les pays parcourus : Eaux Turbulentes, Mer des Eaux, Grandes Eaux, Neuf Dragons enfin quand il dévient en fin de course un delta aux neuf bras. La nature de son cours varie, passant d’une étendue paisible à des chutes spectaculaires à certains endroits. Mais tout du long, le fleuve constitue une sorte de fil rouge permettant de se plonger dans la culture asiatique, en restant à l’écoute de la vie palpitante qui agite ses rives, en baignant dans l’ambiance magique de l’ancienne Indochine, en prêtant l’oreille aux légendes séculaires transportées par les flots du serpent liquide.

Mais le Mékong représente, bien plus qu’un chemin emprunté par des voyageurs avides de dépaysement : il occupe une place primordiale dans la vie des pays qu’il traverse. Lieu de pêche et de pisciculture, source d’irrigation et de production électrique, voie de transport, accueillant habitations et marchés flottants, il joue un rôle essentiel dans l’économie. Pourtant, cela n’enlève rien à sa beauté et à son atmosphère étrange : tantôt aussi calme qu’un lac aux eaux couleur de thé, tantôt accidenté de gorges et de rapides impétueux, peuplé à certains endroits de poissons-chats géants et à d’autres de dauphins d’eau douce, il se termine en un delta immense et fertile, où les marées sont puissantes comme s’il s’agissait d’une véritable mer. Et il charrie également, outre de l’or dans ses boues aux abord de Luang Prabang, une jolie légende : près de Ventiane, au Laos, des boules de lumières montent à la surface du fleuve, manifestations, si l’on en croit les habitants, des dragons ou esprits des eaux.