20. mars, 2018

L'art en nature

Du nord au sud de l'Europe, à la fin de la Renaissance, surgirent d'étranges endroits : secrets ou visibles, dans des demeures royales comme chez des notables ou des apothicaires, tenant à la fois de l'antre du magicien et de l'officine, les cabinets de curiosités rassemblaient, dans un espace souvent compté, un incroyable capharnaüm couvrant murs et plafonds, débordant des tiroirs et des cassettes.
S'y côtoyaient mappemondes et objets d'ivoire, monnaies antiques et crânes de singe, dents de géant et cornes de licorne, pierres magiques et queues de sirène, sans oublier de fascinants oiseaux de paradis qui passaient leur vie à voler, supposait-on, puisqu'ils n'avaient pas de pattes... La nature s'y mêlait à l'art, ou plutôt se transformait en art, et l'art en nature, dans une commune capacité à stupéfier, à faire surgir la merveille.