Le pélican et l'homme

Le pélican, jadis animal sacré, a toujours été une extraordinaire source d'inspiration.  Mais, aujourd'hui, il souffre de la rivalité des pêcheurs et de la disparition des roseaux. Les Égyptiens firent du pélican un animal domestique d'ornement, déambulant dans les jardins des palais. Pour les musulmans, l'animal était sacré. Cette vénération provenait d'une légende selon laquelle le pélican était supposé avoir participé à la construction de la Kaaba, à La Mecque. Les premiers chrétiens voyaient dans le pélican le symbole de l'amour paternel poussé à son paroxysme. Autrefois, il était en effet tenu pour certain que le pélican était prêt à se sacrifier pour nourrir ses petits en leur donnant ses propres entrailles. Cette croyance tire probablement son origine de la façon dont les jeunes fouillent profondément dans la gorge des adultes pour y puiser les morceaux de poissons. De même que le mythique phénix, oiseau de feu, renaît de ses cendres, le pélican, associé à la « nature humide » que le soleil fait disparaître mais qui renaît l'hiver, est également symbole de résurrection. L'art chrétien a ainsi fait du pélican le symbole du Christ qui se sacrifie pour la rédemption des pécheurs. Au Moyen Âge, la représentation du pélican comme symbole du martyre et de la charité figure dans de nombreux ouvrages illustrés d'enluminures et sur quantité d'armoiries.