Budapest 1913

Se rendant dans les Balkans, Auguste Léon et Jean Brunhes traversent l’Autriche et le pays tchèque et font halte à Budapest le 24 avril 1913. Le 25, ils se rendent dans de nombreux quartier de la capitale hongroise ainsi que dans le village de Rákospalota pour photographier la vie quotidienne des paysans. Régina Nánási explique dans son rapport que les deux voyageurs ont pris au total dix-huit photographies de la Hongrie, lesquelles montrent notamment Budapest sous un jour inhabituel à nos yeux : celui de la splendide métropole d’empire qu’elle fut, juste à la fin de son « Âge d’or » et quelques années avant les lourdes destructions de la Seconde guerre mondiale.

Jean Brunhes, géographe

Diplômé de l’École normale supérieure de Paris en 1892, il part ensuite créer la chaire de géographie à l’Université de Fribourg en Suisse qu’il occupe jusqu’en 1912.

Cette année-là, Albert Kahn l’appelle à la direction scientifique des Archives de la Planète. Il s’installe alors à Boulogne.  
Toujours en 1912, il est élu premier titulaire de la chaire de géographie humaine au Collège de France, dotée par Albert Kahn. Il est aussi élu en 1927 à l’Institut, Académie des sciences morales et politiques.

Concernant les Archives de la Planète, il décide conjointement avec Albert Kahn des missions et forme intellectuellement les opérateurs en leur donnant des listes de faits à capturer et des méthodes de prise de vue.  Il participe lui-même à certaines missions (Italie, Balkans, Espagne, Syrie, Liban, Canada, France) et projette des photographies lors de ses cours au Collège de France.

Auguste Léon et Georges Chevalier

Auguste Léon exerce d'abord à Bordeaux le métier de photographe. En 1906, il vend son affaire et monte à Paris. C'est le premier opérateur professionnel recruté par Albert Kahn en 1909. Ses premiers documents enregistrés datent de 1909 (ce sont des noir et blanc des châteaux de la Loire) puis il accompagne Kahn en Amérique du sud à l'été 1909, puis en Scandinavie en 1910. Ses missions pour les « Archives de la Planète » le conduisent ensuite dans d'autres pays européens, en Turquie, en Égypte. Il réalise aussi des missions en France et photographie les  propriétés d'Albert Kahn à Boulogne et au Cap Martin sur la Côte d'Azur.Formé à la photographie par Auguste Léon, il entre au service des Archives de la Planète fin 1913. Il prend des plaques autochromes de Paris, de départements ravagés par la guerre       mais travaille aussi dans plusieurs pays étrangers et réalise le portrait des nombreux invités de la propriété d’Albert Kahn. En 1920 et 1924, il effectue des missions en Bretagne.

Après la ruine du banquier en 1934, Georges Chevalier veille sur les collections de plaques autochromes et de films à titre bénévole. En 1936, il en devient officiellement responsable pour le Département de la Seine, nouveau propriétaire de la collection Kahn. Il continue d’achever le développement de nombreuses plaques autochromes qui n’avaient pas été totalement traitées au moment de la prise de vue.

Stéphane Passet

En 1912, il est engagé aux Archives de la Planète et part en mission en Chine, puis en Turquie. Au tournant de 1912-1913, il est au Maroc ; en 1913, de nouveau en Chine et en Mongolie extérieure. Il embarque ensuite pour la Grèce. À la fin de l’année, il part aux Indes. Pendant la Grande Guerre, il sert dans l’artillerie mais continue de participer aux Archives de la Planète pour lesquelles il photographie Paris (1914), plusieurs départements (1915 à 1917), ainsi que les obsèques du Maréchal Foch (mars 1919).

.Il revient aux Archives de la Planète en 1929 et 1930. Il réalise des autochromes en France et suit la Conférence internationale de La Haye d’août 1929.

Jules-Gervais Courtellement

Dès 1908, il rapporte d’un voyage au Moyen-Orient, une collection d’autochromes qui feront sa notoriété grâce à des projections publiques sous le titre de « Visions d’Orient ». Ce sont 84 de ses autochromes qui font aujourd’hui partie des Archives de la Planète.

Sa boutique parisienne, ses conférences illustrées d’autochromes et ses contributions régulières à la presse illustrée (L’Illustration, National Geographic), feront reconnaître Jules Gervais-Courtellemont comme une personnalité incontournable de la photographie couleur jusque dans les années 1930.

Ces autochromes sont aujourd’hui principalement conservées au National Geographic Museum de Washington et à la Cinémathèque Robert-Lynen de la Ville de Paris.

Roger Dumas et Camille Sauvageot

D’abord artisan encadreur, il devient portraitiste auprès d’un photographe. Le 25 juin 1920, il entre au service des Archives de la Planète. Les premières années, il travaille à Boulogne où il réalise la plupart des portraits des invités d’Albert Kahn et des membres de la Société Autour du Monde.

Au printemps 1926, il effectue sa première grande mission en partant au Japon. Particulièrement attaché à ce pays, il en apprend la langue et peut se passer d’un interprète. En 1927, il part aux Indes. En 1929, il effectue une mission photographique et cinématographique en Bretagne accompagné de l’opérateur cinématographique Camille Sauvageot.

En 1929, lors d’une mission en Bretagne avec Roger Dumas, Camille Sauvageot prend des films en noir et blanc mais aussi en couleurs de la Grande Troménie de Locronan avec le procédé Keller-Dorian. Il prendra aussi des vues de Paris, en tout quarante-cinq minutes de film couleur, aujourd’hui restaurées, qui concrétisent le rêve d’Albert Kahn d’associer couleur et mouvement pour restituer la réalité du monde.

Frédéric Gardner

En 1919, il entre aux Archives de la Planète. Dès son arrivée, il part en Syrie, au Liban, en Turquie et en Palestine puis repart au Levant en 1921 avec Jean Brunhes, directeur scientifique qu’il accompagne par ailleurs au Canada en 1926.

Photographe prolifique mais aussi cinématographiste pour la collection d’Albert Kahn, il est spécialiste des contrées lointaines. Il couvre le Dahomey l’Irak, la Perse, l’Afghanistan, l’Algérie, la Tunisie, l’Europe (Belgique, Suisse, Allemagne) et la France (les départements détruits par la Première Guerre mondiale, la Savoie, Paris…).

En 1931, il saisit l’Exposition coloniale à Vincennes et termine sa collaboration aux Archives de la Planète, en fixant le 12 mars 1932 les funérailles d’Aristide Briand, promoteur de la Paix.

Alfred Duteurtre

En octobre 1908, Albert Kahn lui annonce qu’ils partent ensemble faire un très grand voyage et lui fait acheter un autre appareil, une caméra « Pathé », un appareil phonographique enregistreur de sons, 4 000 plaques noir et blanc stéréoscopiques, quelques centaines de plaques autochromes stéréoscopiques, 3 000 mètres de films et des rouleaux de cire pour enregistrement sonore.

À la fin de l’année, c’est le départ pour le grand voyage que le jeune opérateur relate avec précision dans son « Journal de route de mon voyage autour du monde, du 13 novembre 1908 au 11 mars 1909 ». Dutertre utilise toutes les plaques de verre et tourne aussi des films. Seul la prise de son échouera.