Parfums

La myrrhe et l’encens sont des sécrétions résineuses qui se présentent sous forme de larmes colorées, qui poussent presque exclusivement au sud de la péninsule Arabique (Yémen, Oman) et en Somalie.

Le mot encens  désigne l’oliban, ou encens véritable, récolté par incision à partir d’arbustes. L’odeur de l’encens est obtenue par la technique très ancienne de la combustion, probablement née avec l’invention du feu, qui a donné le mot parfum à partir de per fumum, par la fumée. On connaît le poème de Baudelaire qui parle de  parfums "corrompus, riches et triomphants, ayant l’expansion des choses infinies, comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens".

en Egypte

" L'encens et la myrrhe étaient utilisés en Egypte au temps des Pharaons. Les Egyptiens ne résistaient pas aux sortilèges des parfums. Ils en imprégnaient les bandelettes dont ils enveloppaient les morts pour leur voyage vers l'éternité. Ils les incorporaient à tous les actes de la vie religieuse et sociale. Alrexandrie avait son quartier des parfumeurs et ses fabriques de parfums..

.La myrrhe est une gomme-résine produite sur l'arbre à myrrhe, ou balsamier et originaire de l'Afrique de l'Est de la Péninsule Arabique. La myrrhe possède une histoire aussi ancienne que celle de l'encens.

La myrrhe est surtout utilisée en parfumerie, notamment en Orient, et dans la fabrication d’encens. Elle possède un parfum chargé de  fragrances douces et envoûtantes.

L’encens à la myrrhe purifie l’atmosphère et harmonise les énergies. Il est une aide à la concentration et surtout à la méditation.

La route de la myrrhe et de l'encens

L’arbre à encens ne poussant pas en Egypte, il était nécessaire pour s’en procurer de grandes quantités d’organiser des expéditions, dont la première est attestée vers 2540 av. J.-C. La plus célèbre est l’expédition au pays de Pount (qui serait actuellement la Somalie, le nord de l’Ethiopie et l’est du Soudan), commandée par la reine Hatchepsout, vers 1500 av. J.-C. On en rapporta des quantités énormes d’encens, de la myrrhe et de la cannelle.  On peut voir une représentation de cette expédition  sur le mur du temple de Deir el Bahari (Égypte).

L’encens a toujours été considéré comme un bien très précieux et la lutte pour le contrôle de son transport et de son commerce a été très vive. La domestication du dromadaire, peut-être vers le VIIIe siècle av. J.-C., a permis d’assurer le transport de l’encens et de la myrrhe, sur près de 3000 km, jusqu’au port de Gaza. Une route caravanière a été empruntée depuis cette époque jusqu'à l'avènement de l'Islam,

 

le Jaapon et la Chine

Le Japon ancien (vers le Xe siècle) tenait en grande estime l’encens qui servait à parfumer les habits et même les cheveux des courtisanes. Lors de tournois d'odeur ou kô-dô, codifiés au XVe siècle, les invités devaient reconnaître les variétés d’encens (par exemple des compositions de cinq composants) qui leur étaient présentées, écrire leur réponse à l’aide de caractères spéciaux et composer un  poème.

En Chine on utilisait six mélanges différents de benjoin, de myrrhe et d’oliban, constituant six espèces d’encens nommées "tranquille, reclus, luxueux, esthétique, raffiné et noble".
Confucius dit d’un gouvernement idéal "qu’il doit exhaler une odeur d’encens". L’importance de l’encens est aussi reflétée par le nom de Hong Kong qui se dit en chinois Xiang Giang et signifie port de l’encens.