Les Nabis

21. avr., 2018

 A la fin du 19ème siècle, l’attraction de l’ailleurs se fait  de plus en plus forte dans une Europe frustrée et en pleine colonisation. A l’Orientalisme succède alors peu à peu le japonisme. Nous verrons donc comment les Nabis, par l’exemple de Bonnard, envisagent l’art de l’estampe japonaise et se l’approprie.s japonaises. En effet, le « Nabis très japonard » tel que le surnommait Picasso s’approprie l’ailleurs pour créer sa propre œuvre en s’y référant.

Le tableau est aussi dépourvu de toute perspective, juste des aplats de couleurs. Les formes simples sont crées par petites touches Les couleurs sont en parfaite harmonie : jaune, orangé, vert clair et brun. Elles sont rehaussées de noir qui structure le tableau . Ce trait noir rappelle aussi la calligraphie japonaise. On retrouve cette inspiration dans la signature du peintre.

Le visage à peine esquissé de la femme montre, que l’artiste ne cherche pas tant à la représenter qu’à montrer l’harmonie des formes et la stylisation du tableau.

21. avr., 2018

 Un des premiers à réviser son jugement sur ces jeunes peintres est Renoir qui, en 1898, écrit à Bonnard pour le féliciter des dessins qu’il a donnés pour illustrer Marie, de Peter Nansen. Un an plus tard Pissarro, lui aussi, succombe au charme du jeune homme et enfin c’est au tour de Monet d’apprécier l’art et la compagnie de cet artiste. C’était mal les juger, en effet, de voir en eux des réfractaires aux beautés de la nature. Si les Nabis se sont éloignés des impressionnistes et de leur peinture, c’est peut-être parce qu’ils en avaient été trop proches. Ils ne renient pas l’héritage des Indépendants, ils veulent seulement le faire fructifier. Comme l’explique Bonnard : « Quand mes amis et moi voulûmes poursuivre les recherches des impressionnistes et tenter de les développer, nous cherchâmes à les dépasser dans leurs impressions naturalistes de la couleur.L'art n'est pas la nature.

21. avr., 2018

Ils exercent également leurs talents dans l’ameublement, les vitraux, les tapisseries, les papiers peints, les estampes, l’illustration (La Revue blanche), les affiches et les décors  (théâtre de l’Œuvre). C’est grâce à leurs illustrations (lithographies et gravures sur bois) que va naître véritablement l’art du livre. Il n’est pas surprenant de constater que ce sont les artistes plus profanes, mais également plus modernes, comme Bonnard, Vuillard, Vallotton, qui vont finir par emporter l' adhésion de Maurice Denis: «  Je fus ravi de ne voir aux murs que des tableaux français, choisis avec une décision d’art très hardie et très sûre :  la salle à manger est ornée d’exquis panneaux de Vuillard. Dans le cabinet de travail, des décorations de Bonnard, sobres, substantielles, harmonieuses . Çà et là, des Van Gogh, des Vallotton.

21. avr., 2018

Chacun ayant son tempérament propre, le mouvement Nabi n’est pas une école et chacun suit sa voix. Très vite le groupe se scinde en deux tendances : les Nabis mystiques (Denis, Sérusier, Ranson) marqués par les primitifs toscans et l’art byzantin et les Nabis décorateurs (Bonnard, Vuillard, Vallotton, Roussel) inspirés par les estampes japonaises et la photographie, puis le groupe se sépare en 1903, mais il va avoir une portée considérable. En réinventant, en effet, un langage plastique ils vont contribuer à l’émergence des avant-gardes du XXe siècle.

21. avr., 2018

 Durant l’été Les 1888, Paul Sérusier rencontre Paul Gauguin, en Bretagne, sous la direction de qui il peint, en utilisant des aplats de couleurs pures, un petit paysage aux formes schématisées : Le Talisman. De retour à Paris,. enthousiasmés par cette nouvelle manière de peindre ces jeunes artistes choisissent de se regrouper sous le terme quelque peu mystérieux de Nabis (de l’hébreu nabi, « prophète »). Réagissant contre l’impressionnisme,  ils exaltent la couleur pure, suppriment le modelé et la perspective et recourent aux larges aplats. Maurice Denis, le théoricien du groupe, formulera parfaitement cette nouvelle conception de la peinture dans sa célèbre définition : « Se rappeler qu’un tableau – avant d’être un cheval de bataille, une femme nue, oecdote – est essentiellement une surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assemblées ».