La couleur pour recréer

De très courte durée, le mouvement du fauvisme n’a duré que quatre ans, entre 1904 et 1908. Dirigés par Henri Matisse et André Derain, les artistes fauves ont cependant amené à la peinture des concepts qui ont inspiré plusieurs générations d’artistes à venir.

D’un point de vue esthétique, les œuvres fauves sont inspirées en partie des sculptures africaines : formes oblongues, angles pointus, traits sinueux et travail de la simplicité, qui préfère l’expressivité au détail. Les peintres fauves utilisent, selon les enseignements de Russell et de Moreau, la couleur pour recréer la réalité

L'influence de Gauguin

L’influence de Gauguin, connu par ses deux expositions parisiennes de 1904 et de 1906, marque les développements du fauvisme après le fameux Salon de 1905 : les petites touches de couleur non mélangée font place à des plus grandes surfaces colorées (où l’on sent aussi l’influence de Manet) traversées et interrompues par des signes sinueux et très mobiles. L’enthousiasme pour la sculpture africaine et océanienne contribue également à diriger la recherche des fauves : il est fondé sur la conviction que l’art primitif réalise la synthèse de perception et d’expression recherchée par le peintre fauve lorsqu’il fait exploser sur la toile, les bleus, les rouges, les jaunes, les couleurs pures sans aucun mélange de tons.