Le dit du Genji

28. avr., 2018

La calligraphie et ses différents styles est également un élément culturel fondamental et le Genji semble même l'utiliser pour évaluer la qualité d'une personne féminine. Élevée au Japon en art majeur, la calligraphie était indispensable aux gens de la Cour. On remarque que les caractères chinois n'étaient pas si prisés et qu'il était fort bien vu d'user des caractères féminins, les kanas. Une calligraphie leur est d'ailleurs dédiée.

La calligraphie est d'autant plus importante que les échanges entre les personnages, en particulier entre les hommes et les femmes, sont basés sur l'échange de lettres qui ponctuent les relations interpersonnelles. En effet, selon la coutume de la cour, les femmes de l'aristocratie devaient rester cachées à l'intérieur de leur résidence, ne jamais se montrer aux regards masculins sous peine de paraître des femmes légères. Elles restaient ainsi cachées toute leur vie et rares étaient les occasions où elles pouvaient sortir de leur demeure. Elles devaient rester invisibles y compris des jardins de leur demeure dans l'hypothèse où un homme en visite se serait trouvé dans leur jardin. Des stores les cachaient en permanence de la vue extérieure. Et lorsqu'un membre de la famille venait en visite, cela s'appliquait également entre frères et sœurs ; c'est caché derrière une tenture que la discussion avait lieu.

28. avr., 2018

Le Japon connaît deux principaux cultes : le shinto et le bouddhisme, ce dernier étant à l'époque du Genji implanté sur l'archipel depuis quatre siècles environ. Ces cultes se sont souvent influencés et ne s'excluent pas mutuellement.

On retrouve évidemment ce mélange dans l'œuvre avec des références culturelles omniprésentes qui pourront parfois surprendre le lecteur moderne. Par exemple, les deux principaux tabous du shintoïsme sont la naissance et la mort. De même, les esprits sont des créatures courantes dans les croyances de l'époque et personne ne s'étonnera dès lors qu'il fasse procéder à des rites de purification dès que sa femme se meurt.

Les fréquents voyages que le Genji fait dans les monastères ou les sutras prononcés contre les mauvaises influences sont des utilisations magiques de traditions bouddhiques, bien implantées au Japon.

28. avr., 2018

Le Dit du Genji, qui se présente comme un récit véridique raconte la vie d'un de ces princes impériaux, poète accompli. Toutefois, bien que le roman soit présenté comme une histoire vraie, on pense généralement que Murasaki Shikibu s'est inspirée de la vie d'un homme d'État réputé.

Il s'agit pour beaucoup du premier roman psychologique. Le caractère intemporel des relations humaines y est pour beaucoup et, si les us et coutumes de la Cour peuvent nous être étrangers, les vicissitudes que rencontrent les personnages sont bien plus familières. Par bien des aspects, l'œuvre est une critique incisive et complète des mœurs décadentes de la Cour de Heian, mais avec un regard intérieur, intime car, après tout, l'auteur est elle-même un membre de la Cour. Si on prend en compte la date de l'œuvre, les sujets abordés sont très en avance sur leur temps.

Le Dit du Genji est une œuvre considérée comme majeure de la littérature japonaise du XIe siècle, attribuée à Murasaki Shikibu. L'intrigue du livre se déroule pendant l'époque de Heian. l'actuel Kyoto.