Un endroit de silence au service de l'écoute

L’Abbaye aurait pu vivre de son histoire en valorisant, comme bien d’autres, son passé monastique, son architecture et sa capacité à accueillir quelques concerts estivaux. Mais l’ambition est autre à Noirlac. Le domaine est d’ailleurs devenu un centre culturel de rencontres , réseau européen qui veut faire dialoguer l’histoire et la culture sous toutes ses formes. «  Pour les Cisterciens Noirlac était un endroit de silence au service de l’écoute 

Centre culturel de rencontre, l'abbaye de Noirlac développe une intense activité artistique tout au long de l'année : concerts, spectacles, installations sonores et visuelles sont proposées au public. Par ailleurs, de nombreux artistes viennent y développer leur recherche autour de la musique et de la création sonore.

Centre culturel

 

 Modèle de l’art cistercien du XIIe siècle, c’est l’un des ensembles monastiques les mieux conservés d’Europe. Dans un écrin de verdure, sa riche histoire, son architecture de lumière et le quotidien des moines à travers l’église abbatiale, le cloître, le réfectoire, la salle capitulaire… L’abbaye, labellisée Centre culturel de rencontre, est également un foyer d’échanges culturels et artistiques reconnus. Elle accueille des artistes en résidence et propose toute l’année concerts, spectacles et exposition
 
 
 
 

Le site

Le site, tout d’abord, choisi par saint Bernard pour y installer des frères de son ordre: l’abbaye n’est pas là où on aurait pu l’attendre. Noirlac est riveraine de la route qui conduisait de Bourges à Saint-Amand-Montrond. Des voyageurs frôlaient sa clôture peut-être quotidiennement. Les sons d’au moins deux ou trois clochers venaient troubler son silence les jours de temps calme. Plusieurs auteurs se sont efforcés de justifier que ce lieu était propice à la prière. Par comparaison avec les autres monastères de moines blancs berrichons, Noirlac est dans une situation clairement marginale.

Les débuts de Noirlac

 Au XIe, ce vieux chemin perd de son intérêt. La route venant de Bourges se détourne par Bruère, Saint-Amand et retrouve son axe primitif entre Orval et Saint-Amand  Le gué d’Allichamps tombe en désuétude.
  Donc, un hôtel-Dieu a pu être actif, comme beaucoup d’autres en France, au bord du Cher, au gué d’Allichamps. Voyant les voyageurs poursuivre leur route par un autre chemin, l’hôpital aurait été se fixer quelques kilomètres plus au sud, dans un lieu nommé Noirlac. Attentifs au message cistercien, ces frères hospitaliers se seraient réformés au cours du XIIe siècle, devenant les premiers moines blancs présents sur place vers 1135, assurant la charnière avec l’abbaye en gestation.
Ce schéma explique les anomalies sur le site, le nom, et est compatible avec ce que les sources nous apprennent sur les débuts de Noirlac.

L'un des plus beaux ensembles monastiques

Comme souvent dans l'histoire de France, l'abbaye est associée à nombre de pillages et guerres pour être finalement vendu comme Bien National à la Révolution. Elle deviendra successivement atelier de porcelaine, orphelinat, campement pour un corps expéditionnaire américain, camp de réfugiés républicains espagnols puis hospice avant de devenir ce que l'on peut voir aujourd'hui.

La préservation exceptionnelle des bâtiments conventuels, dont la distribution témoigne du rythme immuable de la journée des religieux, fait de Noirlac l’un des plus beaux ensembles monastiques de France.