Quartier des Minimes

Faubourg bien connu de la Ville rose, quartier d'enfance de Claude Nougaro, les Minimes ont une histoire particulière.

«Ici, si tu cognes, tu gagnes, ici même les mémés aiment la castagne ». Les Minimes, le païs de Claude Nougaro.Un îlot singulier dans le paysage toulousain. Loin des remparts protecteurs du centre-ville médiéval. Avec cet esprit faubourien qui lui a longtemps collé à la peau.« Un de ces lieux hybrides où l’on se trouve exilé de la ville sans être accueilli par la campagne… où la sensation d’un rejet s’accompagne de l’esprit d’éveil et d’agressivité né des situations marginales » comme l’avait confié en 1972 l’écrivain Raymond Abellio, l’autre plume émérite du quartier, dans son autobiographie Ma dernière mémoire.Au-delà de la porte Arnaud-Bernard, le territoire est longtemps inhospitalier. Il est courant qu’à la nuit tombée, les brigands détroussent et assassinent voyageurs et marchands. Entre les chemins de Fenouillet et de Launaguet (à proximité de l’actuelle église des Minimes), une chapelle dédiée à Saint-Roch, propriété des chanoines de Saint-Sernin, est érigée en 1392 comme avant-garde afin de protéger la ville.

L'ordre des Minimes

Maître des lieux à partir du 19 mai 1503, les moines s’attellent à y construire leur édifice grâce à l’apport financier des familles de parlementaires et de riches propriétaires de la ville.De cette église de style gothique toulousain, la nef, le chœur et la base carrée du clocher demeurent encore aujourd’hui. Par la suite et durant près de 250 ans, les religieux affirment leur puissance foncière en achetant de multiples parcelles, allant même jusqu’à un contentieux avec l’archevêque. Les pères reçoivent en grande pompe François Ier, Charles IX, Louis XIII et le Comte de Provence (futur Louis XVIII), avant leur entrée officielle dans la ville. L’ordre est dissous en 1790 et le couvent et l’église, devenus biens nationaux, sont vendus et transformées en minoterie puis en écurie pour les régiments de cavalerie en garnison. Suite à plusieurs pétitions des habitants, l’église Saint-François de Paule est rouverte au culte en août 1852.

Le Pont des Minimes

Autrefois quasi désert, le faubourg change de physionomie au cours du XIXe siècle.   Des cafés, des magasins et des usines s’installent à la place des fourches patibulaires auxquelles on exposait les cadavres des condamnées à mort à la vue des habitants. À partir des années 1850, l’urbanisation entre les anciens remparts et le canal du Midi pousse les maraîchers à s’installer plus au Nord. Les jardins remplacent progressivement les plantations de vignes et l’on voit apparaître des maisons basses, alignées en bordure des chemins, qui servent d’habitation et d’annexes pour les légumes, vendus aussi après la récolte sur le marché d’Arnaud-Bernard. Afin de fluidifier un trafic routier qui ne cesse de s’intensifier, l’élargissement des chaussées entraîne celui des ponts. Le nouveau pont, qui suit la construction de la route Paris, érigé sous les ordres de l’architecte des travaux publics de la maréchaussée de la Ville, Joseph-Marie Saget, utilise la brique et la pierre des Pyrénées.En 1832, l’ingénieur en chef Urbain Vitry y ajoute deux colonnes qui abritent dans leur base le bureau d’octroi. Dans les années 1860, le quartier est desservi par des véhicules hippomobiles (du Capitole au pont et du pont à la Salade) avant de connaître à partir de 1906 le tramway électrique (ligne Alsace-Barrière de Paris)

La ville rose de Nougaro

Qu'il est loin mon pays, qu'il est loin
Parfois au fond de moi se ranime
L'eau verte du canal du Midi
Et la brique rouge des Minimes
Ô mon paîs, ô Toulouse, ô Toulouse ...
 
J'entends encore l'écho de la voix de papa
C'était en ce temps là mon seul chanteur de blues
Aujourd'hui, tes buildings grimpent haut
A Blagnac, tes avions sont plus beaux
Si l'un me ramène sur cette ville
Pourrais-je encore y revoir ma pincée de tuiles
Ô mon paîs, ô Toulouse, ôhooo Toulouse
 

 

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