Les écrivains du 20ème siècle

Même dans les pires difficultés, la vie intellectuelle fut intense à Saint-Petersbourg. En 1921, un groupe d'une douzaine d'écrivains nommé Les Frères Sérapion se constitua et s'installa à à la Petrogradsky Dom Iskusstv (Maison des Arts de Petrograd), située sur la Perspective Nevski, dans l'ancien palais du gouverneur de Saint-Pétersbourg. Le groupe, bientôt rejoint par l'écrivain Ievgueni Zamiatine, occupa l'aile du palais située le long du quai de la Moïka, lieu à l'origine de l'expression Dom na naberezhnoi. (Maison sur le quai)

On trouve aussi nombre d’écrivains du XXe siècle, originaires ou qui ont vécu à Saint-Pétersbourg. Outre Andreï Biély, auteur du roman symboliste Pétresbourg et Ieygueni Zamiatine, les plus connus sont Vladimir Nabokov, auteur de la célèbre Lolita, et Anna Akhmatova, l’Égérie des acméistes, surnommée la "reine de la Néva", qui joua un rôle important dans l’essor de la poésie russe et s’opposa au stalinisme dans son recueil intitulé Requiem.

Il faut faire une place particulière à l’écrivain Joseph Brodsky, poète pétersbourgeois important du XXe siècle, né à Saint-Pétersbourg (alors Léningrad) en 1940, prix Nobel de littérature en 1987. S’il vécut aux États-Unis après son expulsion de Russie soviétique en 1972, son œuvre est en partie marquée la tradition péterbourgeoise et par le mouvement poétique des acméites

Gorki et Gogol

Maxime Gorki eut une activité intellectuelle intense quand il vécut à Saint-Pétersbourg (alors appelée Petrograd) faisant vivre sa maison d'édition  par exemple en 1919 avec Chaporine, Anatoli Vassilievitch Lounatcharski et Alexandre Blok, le Grand Théâtre dramatique de Petrograd

Maxime Gorki résida à Petrograd pendant les années révolutionnaires alors que la ville est en proie à des difficultés terribles, qu'il décrit ainsi  : « La révolution va s'approfondissant à la gloire de ceux qui font du corps vivant du peuple ouvrier le champ de leurs propres expériences(...) Petrograd meurt comme ville et comme centre de la vie spirituelle. Et, dans ce processus de dépérissement, on sent la terrible soumission au destin, l'attitude passive des Russes face à la vie. »

Sans doute l’atmosphère particulière qu’on prêtait à la ville, quelque peu fantastique et éthérée, se retrouve dans certains récits de Nicolas Gogol qui passa à Saint-Pétersbourg plusieurs années dont il ne garde pas un très bon souvenir, surtout dans les Nouvelles de Pétersbourg et écrivait en 1835 dans La Perspective Nevski : « Ici tout est mensonge, tout est rêve, tout est différent de ce qu'il paraît. » Dans le premier, il décrit un univers fantastique et cocasse, satire de la société russe de son temps dont Nabokov écrira : « l'essence de l'humanité est dérivée d'une manière irrationnelle du chaos de faux-semblants qui compose le monde de Gogol »

Pouchkine et Dostoiewski

 Alexandre Pouchkine est une figure emblématique de la ville. Pouchkine a plusieurs fois évoqué la ville dans son œuvre, en particulier dans l’un de ses poèmes les plus connus intitulé Le Cavalier de bronze de Pouchkine, publié en 1833, premier texte qui prend pour thème Saint-Pétersbourg.

Dostoïevski a passé une grande partie de sa vie à Saint-Pétersbourg et s’est inspiré souvent des sites de la ville comme toile de fond dans ses œuvres, surtout les quartiers populaires où vivaient des petits employés et des ouvriers, en particulier dans Les Pauvres Gens, Le Double, Les Nuits blanches, L'Idiot et Crime et Châtiment.
Ces deux illustres écrivains ont plusieurs fois été poursuivit et condamnés par le pouvoir impérial et après la Révolution d'octobre qui a sévi contre nombre d’écrivains vivant à Saint-Pétersbourg.