Paul Auster

Trois courts romans, trois variations sur New York, et sur la figure du détective privé. Privé de quoi ? De sujet. Avec beaucoup d'humour et d'intelligence, Paul Auster s'empare du genre littéraire de prédilection de New York, le roman policier, qu'il débarrasse de toute intrigue linéaire pour en faire une méditation sur les déréglements identitaires de ses habitants. Ses personnages se font à dessein passer pour d'autres qu'eux-mêmes, au point de devenir tout à fait cet autre, s'ils ne l'étaient déjà. Telle est New York, cette Cité de verre ou tout le monde se surveille, au point de ne plus savoir si la glace est sans tain ou non.
Accompagner le narrateur du premier roman, La Cité de verre, dans sa déambulation dans Manhattan, des lumières de Broadway aux rives de l'Hudson River, peut être un grand moment dans une visite à New York.

Scott Fitzgerald

Francis Scott Fitzgerald, 1926
Comme toutes les vérités désagréables à entendre, Gatsby the Great fut un échec lors de sa parution. Ce n'est pas que le roman de Francis Scott Fitzgerald était en avance sur son temps : c'est au contraire qu'il n'avait que trop bien compris son époque, celle du jazz, mais aussi celle de la chandelle que l'on brûle par les deux bouts, et qui sera consumée avec la crise de 1929. Le New York huppé des années 1920 est une Rolls Royce lancée à toute allure vers le bord de la falaise. Et encore, une Rolls Royce à la carrosserie étincelante, mais au moteur douteux.

J.D.Salinger

J.D. Salinger, 1951
New York est un terrain plein de possibles quand on fait l'école buissonnière, ou plus exactement quand on s'est fait virer de son établissement, et qu'on n'ose pas rentrer chez ses parents plus tôt que la date prévue – celle du début des vacances de Noël. C'est donc le col relevé dans la nuit hivernale que l'on erre en compagnie de Holden Caufield, et que l'on cherche un sens à la vie, en même temps que le refuge des canards de Central Park, vu que le lac est gelé. Dans un style effronté, J.D. Salinger fit émerger la voix de l'adolescence dans un pays qui y était sourd, en choisissant l'angle le plus à fleur de peau : celui de la crise.

Douglas Kennedy

Douglas Kennedy, né le 1er janvier 1955 à New York, est un écrivain américain qui décrit de manière très acerbe certains aspects des États-Unis d'Amérique. Il dénonce notamment leur puritanisme religieux.

Douglas grandit dans l’Upper West Side, étudie à la Collegiate School (le plus vieux lycée de New York) et au Bowdoin College dans l’État du Maine, avant de partir un an au Trinity College de Dublin en 1974. De retour à New York, il devient régisseur dans des théâtres de Broadway. En mars 1977, entre deux productions, il décide de partir à Dublin pour rendre visite à des amis. Il restera en Europe.

C'est au fond des mots que Douglas Kennedy entraîne son lecteur avec lui. Un grand auteur moderne, qui ne renie pas son passé, qui garde au fond de lui ses origines, mais qui ne s'illusionne pas sur l'humanité. De l'art de voir l'être humain  dans sa réalité, avec ses désarrois et ses faiblesses

 

Tom Wolfe

Ce n’est pas nouveau : depuis qu’il s’est converti au roman, il y a plus de vingt-cinq ans, l’ancien journaliste s’est placé sous les mânes du roman naturaliste et réaliste européen du XIXe siècle, et le fait savoir dès qu’il le peut. Zola, donc. Balzac, aussi, dont Wolfe reprend régulièrement à son compte cette autodéfinition, placée en avant-propos de la Comédie humaine, par laquelle l’écrivain s’assignait pour tâche d’être le « secrétaire » de son époque. Le scribe qui consigne ce qui est, ce qu’il voit ; le sculpteur qui se saisit de la société de son temps, « moulée, pour ainsi dire, sur le vif avec tout son bien et tout son mal », ajoutait l’auteur d’Eugénie Grandet.

« Sur le vif » : l’expression sied à Tom Wolfe, dont chacun des romans, chacun des récits ou des articles qui constituent son ample corpus, élaboré depuis près de six décennies, se veut un portrait grand angle, précis, incarné et terriblement sonore de son temps. Et de son pays, ces Etats-Unis où il est né il y a quatre-vingt-deux ans, et dont il ne se lasse pas de poursuivre et de peaufiner une radiographie sociale pour le moins critique. Mort en mai 2018.