16. mai, 2018

Juan Luis Zafon

      Pensez-vous appartenir à une tradition littéraire barcelonaise ?
Je suis né et j'ai grandi à Barcelone. C'est ma ville, mes racines et mes origines sont là. D'un autre côté, j'ai passé l'essentiel de ma vie en-dehors de Barcelone. Aujourd'hui, je ne pourrais pas me réclamer d'une littérature ancrée dans un point précis, c'est le travail qui m'intéresse. Quand un auteur de Barcelone utilise la ville dans ses romans, on pourrait le rattacher à une tradition locale. Le pays d'origine, comme la couleur de la peau, est un facteur accidentel. Toutefois, comme j'écris à partir de la mémoire et de l'expérience personnelle, celle-ci est dépendante de l'endroit où je vis. Les lieux me conditionnent, mais même quand je vivais à Los Angeles je restais, au fond, un vrai Barcelonais.  
D'où vient votre attrait pour le fantastique ? De Cervantes ?
Je pense que le fantastique fait partie intégrante de la grande littérature, et elle est totalement ancrée dans le XXIe siècle. Ne serait-ce que dans la littérature des XVIe et XVIIe siècle, il y a beaucoup d'éléments de magie, de surnaturel. Chez Cervantes bien sûr, mais aussi chez Shakespeare !  Aujourd'hui, je pioche dans tous ces éléments pour construire mon intrigue sans me préoccuper de la case dans laquelle on va la ranger. L'Ombre du vent. Le premier roman que j'ai écrit avec une totale liberté, où j'ai réuni beaucoup d'éléments et de traditions littéraires.