Pablo Neruda

D'origine modeste, Pablo Neruda, est né en  1904 à Parral, au Chili. Son enfance a pour cadre Temuco, petite ville de l'Araucanie. Dès l'adolescence, et pendant ses études dans la capitale Santiago, il écrit avec avidité. Depuis 1923, date de Crépusculaire, les oeuvres se succèdent au long d'une vie marquée par les voyages, l'errance, l'exil: «Ainsi toute ma vie, je suis allé, venu, changeant de vêtements et de planète.» À partir de 1927, Pablo Neruda occupe plusieurs postes consulaires: Rangoon, Colombo, Batavia, Buenos Aires.

En 1940, après un séjour au Chili, Neruda est nommé, consul général au Mexique. La peinture des grands muralistes, Orozco, Rivera, Siqueiros, n'est pas sans influence sur Le Chant général (Canto general) qu'il compose alors.
En 1945,  il adhère au Parti communiste mais les persécutions du président Videla, l'obligent à fuir son pays. À nouveau, les voyages se multiplient aux quatre coins du monde.
En 1971, il reçoit la consécration du prix Nobel de littérature. Dans le discours qu'il prononce à Stockholm, le poète évoque les frères inconnus qui l'aidèrent à franchir les Andes alors que sa tête était mise à prix dans son propre pays (1949)  Ses oeuvres, au fil des ans, n'ont pas cessé de voir le jour, tout imprégnées des péripéties d'une vie tumultueuse et généreuse : «Je déclare ici que personne n'est passé près de moi qui ne m'ait partagé. J'ai brassé jusqu'au coude et rebrassé dans une adversité qui n'était pas faite pour moi dans le malheur des autres.»

Julio Cortazar

En 1918, après un retour en Argentine, son enfance s'achève à Buenos Aires, dans le quartier périphérique de Banfield, en compagnie de sa mère et de sa sœur, son père ayant abandonné la famille. .
Malgré des études inachevées de Lettres et Philosophie à l'Université de Buenos Aires, il enseigne dans différents établissements secondaires de province. En 1932, grâce à la lecture d'"Opium" de Jean Cocteau, il découvre le surréalisme. En 1938, il publie un recueil de poésie, renié plus tard, sous le pseudonyme de Julio Denis. En 1944, il devient professeur de littérature française à l'université de Cuyo, dans la province de Mendoza.

En 1951, opposé au gouvernement de Perón, il émigre en France, où il vivra jusqu'à sa mort. Il y travaille alors pour l'UNESCO en tant que traducteur. Il traduit en espagnol Defoe, Yourcenar, Poe, Jarry et Lautréamont qui constituent des influences décisives sur son oeuvre.

Carlos Fuentes - 1928-2012 -

Romancier, nouvelliste, dramaturge, essayiste, Carlos Fuentes est l’auteur d’une œuvre foisonnante et multiple dans laquelle se lit, en fil continu, une méditation profonde et passionnée sur le Mexique. En effet, les histoires intimes insérées dans de complexes fresques historiques, les collages de temporalités distinctes, entre les résurgences préhispaniques et la folle course de la vie moderne, sont chez Fuentes autant de manières d’interroger un pays avec lequel il entretient des rapports changeants et parfois conflictuels.

Pendant l’essentiel de sa jeunesse, Carlos Fuentes, né en 1928 dans une famille où le père a exercé des fonctions diplomatiques, voyage à travers le monde, des États-Unis à l’Europe, en passant par l’Amérique latine, au gré des nominations de son père. Il est lui-même ambassadeur du Mexique en France de 1975 à 1977. De cette expérience, il suit d’un regard attentif les affaires du monde et prend une certaine distance critique à l’égard de son propre pays.
Écrivain à l’écoute du monde, se nourrissant du dialogue et de la controverse, Carlos Fuentes ne cesse, depuis ses premiers textes, d’enregistrer et de répercuter les soubresauts de son époque et de sa patrie.

Alejo Carpentier -La havane - 1904 -

 Né d'un père breton et d'une mère russe, il débuta comme journaliste. Opposé au régime de Machado, il fit de la prison et quand Desnos, de passage à La Havane,  lui proposa de l'accompagner à Paris, il accepta. I découvre le surréalisme et de retour à Cuba, il écrit une histoire de la musicologie cubaine. Puis il se lance dans l'écriture de trois romans le Royaume de ce monde, le Partage des eaux et le Siècles des Lumières. Il retourne à Paris comme conseiller culturel de son pays et meurt à Cuba. Toute son écriture est emprunte de ce genre littéraire très particulier qu'est le 'réel merveilleux". Il est un comme de culture mais de plusieurs cultures, à même de décrire les fresques d'une église perdue en Touraine ou les rites d'une peuplade de l'Orénoque...

Alberto Manguel