Manhattan

C’est Isaac, le héros du film  qui essaie d’écrire son roman sur New York :

« “Chapitre un : il adorait New York, même si New York métaphorisait le déclin de la culture contemporaine. I“New York était et serait à jamais sa ville.” »

L’ouverture du film noir et blanc est tonitruante, rythmée par « Rhapsody in blue » de Gershwin et par un montage dont les coupes franches révèlent la beauté de New York, ville-personnage. Woody Allen filme selon des plans larges visant à embrasser la ville tout entière; en témoigne ce plan dont est tirée l’affiche du film: deux silhouettes assises sur un banc, dos à la caméra, face à l’immensité d’une ville. C’est la petitesse des personnages  qui éclate au contact de la beauté d’une ville monumentale.  Autrement dit, les gratte-ciel vertigineux, les ponts massifs, s’ils font reconnaître leur faiblesse aux personnages, éveillent en même temps une volonté de résistance, un pouvoir de se faire violence et ce contre les contingences malheureuses.

Un film-portrait

La poétique de la ville est donc le lieu de l’introspection du héros, Isaac Davis. Manhattan est un film-portrait qui se penche sur les romances du microcosme juif new-yorkais intellectuel histoires d’amour. C’est avec succès que Woody Allen met en scène des conversations rapides et vivantes. Les discussions entre amis sont toujours de joyeux désordres. On est bien sûr tenté de croire que cette juxtaposition de propos n’est que l’expression déguisée d’une incapacité à comprendre ou du moins à écouter l’autre.