Les désorientés d'Amin Maalouf

Cela fait vingt-cinq ans qu’Adam n’est pas retourné dans son pays natal. Vingt-cinq ans qu’il vit à Paris, où il est un historien reconnu.
Une nuit, il est réveillé par la sonnerie du téléphone. L’appel vient du pays où il est né et où il a grandi. L’un de ses plus proches amis de jeunesse se meurt.
Alors, sans réfléchir, il prend le premier avion. Après des décennies d’absence, le revoici au pays de ses origines, un pays d’Orient aux montagnes couleur de lait. Ce grand intellectuel qui avait choisi l’exil retrouve soudain les lieux et les gens qu’il avait quittés sans se retourner. Peu à peu, le passé refait surface.


Le dernier caravansérail

« Qu’allons-nous devenir ? » disent ceux qui ont laissé leur nom, leur famille, leurs racines très loin derrière eux, que l’on appelle « réfugiés », « clandestins », « sans papiers », « migrants ». Et qui s’appellent entre eux, noblement les « voyageurs ».

Ils sont brutalement voyagés « contenus » dans des cales et des camions, faufilés aux frontières, et ils ne savent pas où et quand finira ce voyage dangereux qui les pousse de port en côte et de porte en porte à mesurer la maigreur de l’hospitalité contemporaine.

Ils voyagent, sans espoir et sans fin, mais animés par la croyance. Au lieu de religion une foi naïve en l’existence d’un pays où vivent les déités démocratiques dont on leur a parlé : la liberté, le respect.

Où donc est ce pays ? Où arriveront-ils ? Quand arriveront-ils ? Arriveront-ils jamais ?

Et nous, assis dans nos pays relativement modérés, qui sommes-nous ? leurs semblables ? leurs témoins ? leurs ennemis ? leurs amis ? D’anciens voyageurs qui      ont oublié ?

Ou des gens que le voyage attend au tournant ?

 

 

Les Palestiniens n'ont pas oublié

Ces Palestiniens qui se sont arrangés pour rester dans la Palestine historique — malgré les efforts incessants pour les en déposséder — continuent à résister à l’effacement. Hors de Palestine, un nombre égal d’entre eux restent profondément attachés à leur pays natal et au droit au retour. Les Palestiniens n’ont pas oublié, ils n’ont pas disparu, et la mémoire de la Palestine et de son démembrement n’a pas été effacée. De fait,la communauté internationale  est de plus en plus consciente de ces réalités.