Les Iris

29. mai, 2018

Il s’agit donc bien d’un massif d’iris comportant toutes les caractéristiques de la plante. Le peintre a observé minutieusement les iris du jardin de Saint-Rémy et les a peints sur le motif. Mais ce sont aussi, et avant tout, les iris de Van Gogh, qu’une photographie n’aurait pu produire. La peinture permet à l’artiste de proposer une image forte et totalement subjective d’une réalité. Le chef-d’œuvre émerge d’un regard à la fois juste et singulier sur le réel et de la capacité de le restituer avec la maîtrise technique.

Seuls quelques critiques d’art et quelques intellectuels pouvaient apprécier en 1889 une œuvre de cette nature. Julien Tanguy, dit le Père Tanguy, marchand de tableaux et collectionneur, fut chargé de la commercialisation. Il vendit Les iris à l’écrivain et critique d’art Octave Mirbeau en 1892 pour un prix peu élevé (600 francs pour deux peintures de Van Gogh : Les iris et Les tournesols, soit à peu près le salaire annuel d’un facteur). Le tableau eut ensuite plusieurs propriétaires successifs jusqu’à 1987. A cette date, la maison de ventes aux enchères Sotheby’s le vend à Alan Bond, un homme d’affaires australien, pour 53,9 millions de dollars. Durant deux ans et demi, ce fut le prix le plus élevé jamais obtenu pour une peinture. Mais Alan Bond avait fait une folle enchère qu’il fut incapable d’honorer. Le tableau est acquis en 1990 par le J. Paul Getty Museum de Los Angeles auquel il appartient encore.

 



29. mai, 2018

Aux prises avec des troubles psychiatriques, Van Gogh voit dans la création artistique le seul exutoire. Il l’exprime métaphoriquement : la peinture, dit-il, est « le paratonnerre pour ma maladie ». Son activité est donc intense. A l’asile de Saint-Rémy, il réalise cent trente tableaux. Dès son arrivée, il choisit les iris en fleurs plantés dans le jardin de l’établissement.

Les fleurs, présentant des caractéristiques communes mais des formes différenciées, émergent des feuilles allongées aux multiples courbures. Van Gogh a bien observé les iris et en fait une représentation formelle réaliste et forte. La force de l’image provient de la capacité de l’artiste à capter l’essentiel et à le restituer : entrecroisements des feuilles, fleurs éclatées. 

La couleur constitue l’élément de liberté du peintre. Sa subjectivité se mêle au réel dans le but d’accentuer les contrastes et de créer un espace pictural d’une intense luminosité. Les feuilles, traitées dans un vert nettement plus clair que les véritables feuilles d’iris, mettent en valeur le bleu intense des pétales. Une seule fleur blanche apparaît, permettant d’apprécier l’importance du choix du peintre : un massif d’iris blancs aurait eu moins d’éclat sur la toile.



29. mai, 2018
L'œuvre de Vincent Van Gogh (1853-1890) s'étale seulement sur les dix dernières années de sa vie, mais il brûle les étapes comme s'il avait la prémonition que sa vie serait courte. A Paris, sa peinture se transforme radicalement : la couleur et la lumière prennent une place essentielle. Mais il veut découvrir la lumière méditerranéenne et, en 1888, il s'installe à Arles. Gauguin le rejoint, mais l'instabilité mentale de Van Gogh le fera rapidement fuir. Les paysages provençaux conduiront Van Gogh à accentuer encore sa liberté chromatique.

 Les Iris de Saint-Rémy, peints en mai 1889, datent du début du séjour de l’artiste à Saint-Rémy-de-Provence où des crises hallucinatoires répétées l'ont conduit.