29. mai, 2018

Le choix des iris

Aux prises avec des troubles psychiatriques, Van Gogh voit dans la création artistique le seul exutoire. Il l’exprime métaphoriquement : la peinture, dit-il, est « le paratonnerre pour ma maladie ». Son activité est donc intense. A l’asile de Saint-Rémy, il réalise cent trente tableaux. Dès son arrivée, il choisit les iris en fleurs plantés dans le jardin de l’établissement.

Les fleurs, présentant des caractéristiques communes mais des formes différenciées, émergent des feuilles allongées aux multiples courbures. Van Gogh a bien observé les iris et en fait une représentation formelle réaliste et forte. La force de l’image provient de la capacité de l’artiste à capter l’essentiel et à le restituer : entrecroisements des feuilles, fleurs éclatées. 

La couleur constitue l’élément de liberté du peintre. Sa subjectivité se mêle au réel dans le but d’accentuer les contrastes et de créer un espace pictural d’une intense luminosité. Les feuilles, traitées dans un vert nettement plus clair que les véritables feuilles d’iris, mettent en valeur le bleu intense des pétales. Une seule fleur blanche apparaît, permettant d’apprécier l’importance du choix du peintre : un massif d’iris blancs aurait eu moins d’éclat sur la toile.