le maître des signes

11. juin, 2018

Le poète fit entrer l'homme dans le soir de sa vie. Un matin, le vieillard ne se releva plus. 

A la  fin de leur course dans le ciel, le soleil et la lune se reposent dans le sein de la terre. Les hommes firent brûler au pied de la tombe les rameaux les plus parfumés de leurs champs et des fumées montèrent vers le ciel. Alors le poète brisa son pinceau et regagna le séjour des Immortels qui, comme chacun sait, se trouve au sommet des montagnes inaccessibles.

11. juin, 2018

Le Poète s'endormit pour s'éveiller au milieu d'une foule de villageois aussi nombreux que les grains de riz sur une aire de battage.Il aurait voulu partager avec eux l'eau qu'ils buvaient, les feux qu'ils allumazient à la tombée de la nuit.

Le poète décida d'offrir son plus bel animal : par la beauté de sa robe, la rapidité de sa course, l'élégance de ses formes, frapper l'magination et faire de ce coursier son messager. Dès qu'ils l'aperçurent les hommes se mirent àn sa poursuite, qui dura des jours et des nuits....Le poète, petit à petit, comprit que ses créatures, riches de tous leurs cadeaux qu'il leur avait faits, n'avaient plus besoin de lui.

11. juin, 2018

Notre Poète tourna son pinceau entre ses doigts  et chaque jour apportait à l'homme qu'il avait ébauché des émotions nouvelles qui faisaient battre son coeur. En taillant deux silex, le poète fit jaillir une fleur de feu. Elle alla se nicher dans des aiguilles de pin  et bientôt une flamme vive illumina la maison.

Les flèches lui apprirent qu'elles étaient toujours plus efficaces lorsqu'elles frappaient le milieu de lerurs cibles. A chaque printemps, lorsque les nouveaux rameaux des arbres s'étiraient au soleil, un nouvel enfant naissait.

11. juin, 2018

Sous l'ardeur du soleil, la terre se desséchait. Alors, le Poète créa le nuage. Puis il en effaça la base et la pluie tomba. Maiis le déluge menaçait de submerger tout ce qu'il avait peint. De son pinceau, il fit surgir la montagne. Il la fit très haute et acérée pour percer les nuages. le pic engendra le torrent de la rivière.

Les rivières deviennent fleuves, puis océans, d'où émergèrent les continents. Il peupla les eaux de poissons. Pour faire palpiter les cieux il créa toutes sortes d'oiseaux. Mais les poissons s'élancèrent hors de l'eau quand les oiseaux s'y précipitèrent. Les racines des arbres se dressèrent vers le  ciel, et les branches s'abaissèrent vers le sol. A peine ébauché, c'était le monde à l"envers !

11. juin, 2018

Il était une fois, face à la ligne d'infini qui sépare l'ombre et la lumière, un Poète. Après avoir médité, il trempa son pinceau dans l'encre de la nuit, et sur la surface blanche du jour, il traça le chiffre UN, origine de ce qui est. Puis de UN, il tira Deux puis Trois. Le jour ne contient-il pas le matin, le midi et le soir, et le temps, le passé, le présent et le futur ?

Sur l'axe de l'Unité originelle, il accrocha le Monde - entre le Temps et l'Espacecomme sur sa branche une feuille unique se balance au-dessus du vide.

Ensuite il peignit le soleil, le posa au-dessus de l'horizon.a première aube éclaira le monde. Au soleil, il dessina une compagne, la lune.La lumière qui jaillit de leur rencontre fut si intense qu'il dut séparer les deux astres. A l'un il attribua l'empire du jour ; à l'autre, ainsi qu'aux dix mille étoiles  nées de leur union, le royaume de la nuit.