11. juin, 2018

la stèle de la terre

Il était une fois, face à la ligne d'infini qui sépare l'ombre et la lumière, un Poète. Après avoir médité, il trempa son pinceau dans l'encre de la nuit, et sur la surface blanche du jour, il traça le chiffre UN, origine de ce qui est. Puis de UN, il tira Deux puis Trois. Le jour ne contient-il pas le matin, le midi et le soir, et le temps, le passé, le présent et le futur ?

Sur l'axe de l'Unité originelle, il accrocha le Monde - entre le Temps et l'Espacecomme sur sa branche une feuille unique se balance au-dessus du vide.

Ensuite il peignit le soleil, le posa au-dessus de l'horizon.a première aube éclaira le monde. Au soleil, il dessina une compagne, la lune.La lumière qui jaillit de leur rencontre fut si intense qu'il dut séparer les deux astres. A l'un il attribua l'empire du jour ; à l'autre, ainsi qu'aux dix mille étoiles  nées de leur union, le royaume de la nuit.