Les années 1990

Dans les années 90, les sourds et la LSF commencent à avoir une renommée dans le grand public.

En 1992, un numéro de la «La marche du siècle» est consacré aux sourds. Les français découvrent alors cette communauté et cette langue à travers les témoignages de Victor Abbou et Joël Chalude.

Puis Emmanuelle Laborit comédienne sourde, reçoit en 1993, le Molière de la révélation théatrale pour son rôle dans Les Enfants du silence.

Cette même année, le documentaire « Le pays des sourds» de Nicolas Philibert montre cet univers inconnu des entendants.

Le réveil sourd

Durant les années 1980, se produit ce que les sourds appellent le «réveil sourd».

La langue des signes commence à reconquérir ses lettres de noblesse avec William Stokoe, linguiste, qui étudie la langue des signes comme une véritable langue. Des chercheurs en linguistique et en sociologie tels que Christian Cuxac et Bernard Mottez poursuivent ce travail et mettent en avant la culture sourde qui y est rattachée.

Par ailleurs, un travail culturel est mené par Jean Gremion (écrivain, journaliste et metteur en scène) et Alfredo Corrado (un artiste sourd américain). Ils créent en 1976, l’International Visual Theatre (IVT). Dès lors, ils travaillent à la requalification de la langue des signes.

au 18ème siècle

L’abbé de l’épée fut, en 1760, le premier entendant connu à s’intéresser aux modes de communication des « sourds-muets ». Pour cela, il regroupe les enfants sourds pour les instruire et ouvre une véritable école pour sourds qui deviendra l’Institut national des jeunes sourds, aujourd’hui Institut Saint-Jacques, à Paris.

Dans la même période, le courant « oraliste » s’amplifie. Les « oralistes » pensent que les sourds doivent apprendre à parler pour s’intégrer dans la société. Le congrès de Milan en 1880 à  l’immense majorité des participants est entendante et oraliste décrète « que la méthode orale pure doit être préférée».

Cette « préférence» a eu des conséquences dramatiques pour les sourds : pendant 100 ans la langue des signes a été proscrite, méprisée et marginalisée aux seules associations de sourds. Dans les instituts de sourds, les élèves signent en cachette. La langue des signes s’est alors appauvrie.

 

Dans le passé

Dans l’Antiquité, l’intelligence était étroitement liée à la parole. Aristote pensait que quelqu’un qui ne parle pas, ne peut pas penser.
Les sourds, isolés, n-ont pu enrichir leurs langues signées et ont dû se contenter d’ne gestuelle simpliste. De ce fait, ne disposant pas d’une langue élaborée et ne bénéficiant pas d’éducation, ils passaient parfois pour simples d’esprit.

A partir du 16ème siècle, des peintres sourds tels que Navarette ou Pinturicchio ont été reconnus. Par ailleurs, en Espagne, des enfants sourds issus de la noblesse ont été instruits par des précepteurs. L’un d’entre eux, Pedro Ponce de Leon s’intéressa aux codes gestuels existants tel que l’alphabet manuel et les utilisa pour enseigner auprès de ces enfants.
D’autres précepteurs mirent plutôt l’accent sur l’apprentissage de la parole.