Lettres romanes

17. juin, 2018

Les langues romanes,  provenant directement du latin vulgaire, et des cultures qui lui sont associées tournent autour des lettres hispaniques et hispano-américaines, catalanes, lusophones'(Portugal et Brésil), italennes et roumaines avec toutes ses variantes comme le rom, tzigane. Alexandre Romanès, fondateur du cirque Romanès est l'un de ses gitans qui a arrêté sa vie de nomadisme il y a peu pour se consacrer à la poésie....

 

 

17. juin, 2018

« Quelques heures avant de mourir, mon père qui sentait venir la mort, m’a dit : «J’ai eu une belle vie». Alors qu’il avait eu une vie très dure, vécu deux guerres mondiales, il m’a fait cette réponse exceptionnelle. Alors, oui, j’ai envie de dire que j’ai eu une belle vie. J’avais tendance à penser que je n’avais pas eu de chance dans ma vie, à la naissance de ma première fille, je n’ai plus jamais eu cette pensée. »

« Quand mes filles seront vieilles, ma tribu n’existera plus, car des gens bien éduqués et propres sur eux l’ont décidé, je le dis avec tristesse, nous sommes les derniers Tsiganes. »

« Mes filles sont insérées dans la culture tsigane, je leur parle beaucoup, partage ce que j’aime. Mais beaucoup de jeunes Tsiganes ne savent plus rien de cette culture. Elle est, comme notre langue, une culture de survie qui s’est construite sur des chemins pierreux, sous le soleil, mais elle est en train de disparaître et c’est triste. »

17. juin, 2018

« Une vie de nomadisme est une vie difficile, mais c’est une belle vie, une vie dehors. Quand vous avez vécu dans le nomadisme, c’est presque impossible d’aller vers la sédentarisation. Il y a très longtemps, j’avais acheté une petite maison. Le notaire m’a donné les clefs, j’ai ouvert la porte et l’ai refermée : j’ai pensé à un caveau, j’ai rendu les clefs au notaire, je lui ai dit « vendez-la ». »

« La vie passe à une vitesse vertigineuse mais il ne tient qu’à nous qu’elle soit aussi belle que l’éclair. »

17. juin, 2018

Je me suis mis à  prendre des notes dans un cahier d’écolier de ma fille. Et puis, j’ai commencé à écrire mes propres pensées. Un jour, ma fille dit : « Mon papa écrit des poèmes.» Un ami a voulu les voir. Déjà, on a mis deux heures à retrouver le cahier, on a retourné toute la caravane, on l’a retrouvé sous un matelas.   C’est très joli, il faut les publier.Voilà comment j’ai été publié, par hasard  ». »

« Les sonorités de mon luth, le campement tsigane délabré, et le rouge-gorge avec son tablier rouge minuscule, je crois qu’ils me feront toujours de l’effet. »

17. juin, 2018

Le poète tsigane Alexandre Romanès poursuit dans « Le Luth noir » une œuvre d’une déconcertante beauté.« J’ai appris à lire et à écrire à 20 ans. Enfant, je n’ai pas compris ce que je faisais à l’école entre quatre vieux murs. Quand j’ai appris à lire, j’ai été émerveillé par l’écriture, c’était une découverte exceptionnelle : moi qui n’avais connu que la culture tsigane, très forte dans ma famille, un monde s’est ouvert que j’ignorais totalement. J’ai découvert la littérature. J’ai très vite éliminé les romans pour ne garder que la poésie. »

« Les plus belles pensées, personne ne les connaît car elles appartiennent à ceux qui ne parlent pas. »