17. juin, 2018

La vie

« Quelques heures avant de mourir, mon père qui sentait venir la mort, m’a dit : «J’ai eu une belle vie». Alors qu’il avait eu une vie très dure, vécu deux guerres mondiales, il m’a fait cette réponse exceptionnelle. Alors, oui, j’ai envie de dire que j’ai eu une belle vie. J’avais tendance à penser que je n’avais pas eu de chance dans ma vie, à la naissance de ma première fille, je n’ai plus jamais eu cette pensée. »

« Quand mes filles seront vieilles, ma tribu n’existera plus, car des gens bien éduqués et propres sur eux l’ont décidé, je le dis avec tristesse, nous sommes les derniers Tsiganes. »

« Mes filles sont insérées dans la culture tsigane, je leur parle beaucoup, partage ce que j’aime. Mais beaucoup de jeunes Tsiganes ne savent plus rien de cette culture. Elle est, comme notre langue, une culture de survie qui s’est construite sur des chemins pierreux, sous le soleil, mais elle est en train de disparaître et c’est triste. »