Marchands européens

Les marchands européens vont s'approvisionner sur place, dans les bazars et ateliers d'Orient. A Paris, le Bon Marché envoie son acheteur en Orient depuis 1876. Il voyage en Turquie, en Perse, en Inde et ce n'est que quarante ans plus tard que le grand magasin fermera son rayon tapis après avoir acquis plus de cent mille tapis...

A l'occasion des Expositions Universelles, la question esr : comment transposer les beaux-arts aux productions industrielles ? L'évolution est lente et c'est la seconde guerre mondiale qui marque une rupture. Dans les années 20, un mécène et propriétaire d'une galerie parisienne commande des cartons aux artistes Miro, Picasso, Léger, Klee en vue de la fabrication de tapis au point noué en Algérie pour réduire les coûts. Des expositions continuent d'entretenir l'engagement pour le tapis d'artistes.

En Europe

L'attrait pour le tapis d'Orient est  satisfait par les compagnies des Indes, grandes importatrices de tapis. Mais il reste un produit de luxe. Des modèles persans commencent à être fabriqués en Angleterre. En France, les planches de L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert représentent les manufactures royales de tapis...Au 17èùe siècle les ateliers privés d'Aubusson reçoivent le titre de Manufacture Royale. L'ameublement de Versailles représente d'énormes commandes et la manufacture des Gobelins fait ppendant à celle d'Aubusson. En Angleterre, l'introduction des tapis noués et du style français suscite en retour toute une industrie et le développement des manufactures anglaises...

L'âge d'or des tapis

A partir du 16ème siècle, les routes du tapis, qui reliaient le Levant aux ports d' Euroope sont redessinées. avec la création d'ateliers d'Etat en Perse, en Inde sous les Moghols et l'arrivée des tapis de Chine, le tapis d''Orient dénommé sarrasin, turc ou cairote devient persan , indien ou chinois. La production du Caucase, malgré son fond ancien marqué par l'art seldjoukide, commence à imiter celle de la Perse. Outre les motifs floraux dont la tradition se maintient, cet artisanat adopte le thème du dragon, qui fait aussi partie de la mythologie arménienne.

La Chine , avec ses contacts avec l'Asie Centrale, sous la dynastie mandchoue, le tapis cesse d'être un art mineur de barbares nomades Les tapis chinois sont des champs semés de signes du taoïsme, du bouddhisme zen et le répertoire est large et très emblématique

Mongols et voyageurs

Marco Polo voyage vingt cinq ans dans l'empire mongol jusqu'à la Chine avant de revenir à Venise. Dans son Devisement du monde, il décrit la fabrication des plus beaux tapis du monde. Un peu plus tard, un autre grand voyageur, Ibn Battuta précise que, même lors des funérailles de l'empereur, on étend de superbes tapis sur lesquels est placé le Khan avec ses armes, afin de cntinuer les traditions nomades...

En Europe, si l'on excepte l'Espagne, les contacts commerciaux entre Europe et Orient pour acquérir la soie, les épices, les perles, l'or, et les tapis se font essentiellement par la Méditerrannée. Avec les Croisades, des comptoirs furent empruntés par les barons francs. Par la suite, le tapis d'Orient se retrouve dans les inventaires des richesses des princes.

Un art de cour

Le tapis est voué au faste royal dans le monde perse, où les souverains flattent leurs hôtes en leur faisant partager leur tapis. Il en existe des variétés somptuaires qui comptent parmi les objets saisis comme butin ou en tribut parmi les populations soumises. Selon l'historien Ibn Khaldoun, les Arméniens paient en partie en tapis leur tribut au calife de Bagdad. Le roi de Bulgarie ramène d'une expédition en territoire byzantin un butin où sont mentionnés des "tapis noués f'Arménie". Le plus célèbre des califes abbassides régnant sur Bagdad, Haroun al Rachid,  aurait possédé deux mille deux cents tapis, dont vingt sont remis à Charlemagne, suite à une amabassade auprès de l'empereur de l'Occident qui avait demandé la protection des pèlerins en route vers Jérusalem

Le négoce du tapis suit l'extension de l'islam et stimule l'activité des marchands arabes, perses mais aussi juifs et arméniens. En Europe, jusqu'à la renaissance, le tapis d'Orient est un produit rare et cher , transporté à grand prix depuis le Levant.