Nicolas de Staël

"Peintre de l'École de Paris; un des artistes les plus influents européens de la période de l'après-guerre. De la noblesse russe, né à Saint-Pétersbourg, fils d'un général - sa famille a émigré en Pologne en 1919. Exilé, orphelin, de Staël se tourne très tôt vers la peinture. Il suit les cours de l'Académie royale de Bruxelles en 1932, fait de nombreux voyages (Espagne, Maroc, Algérie, Italie) avant de s'engager dans la Légion étrangère et d'en être démobilisé en 194i. Arrivé en France en 1938; il étudie la peinture auprès de Fernand Léger. Peint des natures mortes et portraits.Sa rencontre avec Braque, en 1943 est déterminante, travaillant sans relâche, il cherche à découvrir les rythmes simples de la nature et à pénétrer l'essence du réel jusqu'à l'épure, ce qui le conduit progressivement à l'abstraction.
En 1943, il s'installe à Paris, se consacre alors entièrement à la peinture abstraite, caractérisée par des lignes géométriques entrelacées, rythmant la toile sombre.Ce sont de nouveau les doutes, les scrupules, l'étouffement, la misère. L'abstraction le délivre momentanément.

Ses peintures abstraites de 1951-1952

 En 1952, se manifeste, hors de toute opposition volontaire entre abstraction et figuration, une convergence avec le réel . Staël, se refuse à déguiser son émotion, et va bientôt l'assumer librement. à partir de 1952 il peint quelques-unes de ses meilleures toiles : Les Toits, Les footballeurs... Les larges touches violemment colorées dans une pâte généreuse confèrent à  cettte composition dynamisme et intensité..

En 1952, le peintre Nicolas de Staël sort ébloui d’un match en nocturne au Parc des Princes et décide de consacrer une vingtaine de tableaux sur le football. 

 

De Stael

 

Le 26 mars 1952, le match amical entre l’équipe de France et la Suède se déroule au Parc des Princes dans un contexte un peu particulier : Il se joue pour la première fois en nocturne, sous les projecteurs. Il se trouve que le peintre Nicolas de Staël est présent à ce match avec son épouse. Il en est ressorti ébloui, à tel point qu’il passa toute la nuit à tenter de reproduire sur toile ce qu’il avait vu.

 

Le football, vu par Nicolas de Staël

Le peintre décrit ce qu’il ressent dans une lettre adressée à son ami le poète René Char :

« Entre ciel et terre, sur l’herbe rouge ou bleue, une tonne de muscles voltige en plein oubli de soi avec toute la présence que cela requiert en toute invraisemblance« 

 

Les joueurs de football du Douanier Rousseau

 

Picasso était un admirateur de Rousseau, qu’Apollinaire avait surnommé le « douanier », alors qu’il n’avait été qu’un employé de l’octroi. Pablo acheta alors un tableau d’Henri, et décida d’organiser avec sa « bande » (Derain, Braque, Vlaminck), un banquet en l’honneur du douanier.
Notre tableau du jour participe de cet esprit. La phrase d’Henri n’était pas dénuée de tout fondement, Rousseau, dans le choix de ses sujets, était très intéressé par le monde moderne. Il a choisi le premier de représenter avions, ballons, ou encore des poteaux électriques. Ses joueurs de foot nous emmènent dans son monde un peu onirique. On imagine de surcroit l’effet de ces costumes rayés sur les pelouses des stades. Et quid des fautes de main ? Mais que fait donc l’arbitre ?

René Magritte

René Magritte, Représentation 1962
dans l'oeuvre du peintre belge, le football n'est qu'un prétexte, l'exemple d'une activité banale dans un cadre plaisant. La duplication de cette scène dans un cadre rend le tableau dérangeant, discordant. Ceci n'est pas un match de foot.

Picasso

Le ballon comme un soleil autour duquel gravitent des astres en short. Picasso était, dit-on, passionné de foot, mais il n'en a manifestement pas retenu grand-chose : il y a un rouge qui est très clairement hors-jeu...