Cour Tanger

Delacroix au Louvre jusqu'au 23 juillet 2018

10. Juil., 2018

Partir ! Et si c'était de l'autre côté de l'océan qu'il fallait fuir la morosité ?...
Depuis l'expédition en Égypte de Bonaparte, le beau monde rêve d'aller respirer les senteurs de l'Orient qui sont venues envahir les poésies de Victor Hugo (Les Orientales, 1829) et avant lui de Lord Byron. Delacroix, grand admirateur de cet auteur qu'il a découvert lors de son voyage en Angleterre en 1825, ne pouvait échapper au mouvement.
Alors, en 1831, il profite d'une mission diplomatique pour aller voir de l'autre côté de la Méditerranée.Entre Tanger, Meknès et Alger, il va pendant six mois se nourrir d'images sans réaliser un seul tableau. Sa production essentielle va consister en un très beau carnet de voyage illustré d'aquarelles qu'il remplit au fil de son périple. Il lui faudra revenir dans son atelier pour donner vie aux scènes qu'il a engrangées comme Le Combat du Giaour et Pacha (1835), les Noces juives au Maroc (1841) et les célèbres Femmes d'Alger (1833).

Sous le soleil il oublie les grandes compositions travaillées pendant des mois, il veut de l'instantané et de la fraîcheur. Cette parenthèse va renouveler son art et faire naître non seulement une soixantaine de tableaux au contenu « exotique », mais aussi un regard novateur sur la peinture.