Saga des confetti

15. juil., 2018

Durant des décennies, Le Petit Journal a accordé une très large place aux festivités du Carnaval de Paris et a reçu fastueusement les reines de la Mi-Carême. Un certain nombre de couvertures en couleurs de son supplément hebdomadaire ont pour sujet le Carnaval de Paris.

En 1912, pour fêter son cinquantième anniversaire, Le Petit Journal fait défiler à Paris, à l'occasion de la Mi-Carême, un imposant cortège formé de groupes et chars du Carnaval de Nice

Comme aucun atelier parisien n'a de portes assez larges pour laisser sortir les chars une fois remontés, un atelier de fortune est installé sous les arcades du métro aérien, station Corvisart.

15. juil., 2018

« Dès huit heures du matin les marchands de confetti, de masques, de mirlitons et de petits balais formés d'un tube de carton et d'un flot de rubans de papier se sont installés le long des trottoirs. De la place de la République à la Madeleine, les éventaires en plein vent se dressent. Rouges, verts, roses, bleus, blancs, jaunes, les sacs de confetti s'empilent par monceaux et le cri traditionnel des marchands commence déjà à retentir le long de la voie triomphale du carnaval ! « Qui qui n'a pas son ki-ki ? Qui qui n'a pas son kilo ? V'là les confetti, bien pesés et sans poussière !!! » »

15. juil., 2018
« Comme les macaronis, les confetti sont d'origine italienne ; à Rome, à Naples, à Nice, on emploie sous le nom de « confetti », une préparation mi-sucre et mi-plâtre, formant de petites dragées qui, projetées, se brisent en laissant une poussière inoffensive aussi bien pour la personne atteinte que pour ses vêtements. »

Il existait également des confettis en terre de Pouzzoles et d'autres en amidon.

Le confetti en plâtre exista au Carnaval de Nice. Il est ainsi décrit en 1888 :

« Les fêtes commencent par un défilé de chars, masques, mascarades, voitures décorées, et cela au milieu d'une bataille effrénée à laquelle toute la population prend part : la bataille des confetti.

Les confetti sont des boulettes, de plâtre coloriées, de la grosseur d'un petit pois. Celui qui veut prendre part à la bataille emporte avec lui ses munitions et, le visage protégé par un grillage en fil de fer, la tête resserrée par un bonnet, armé d'une petite pelle qui sert à lancer les confetti, se jette bravement dans la mêlée ; alors gare au premier qui l'attaque. »

 

 

15. juil., 2018

Longtemps réservé aux carnavals, le projectile n'a pas toujours été aussi inoffensif : au départ, le confetti est un bonbon, une dragée. Comme l'explique Basile Pachkoff, historien du carnaval de Paris, "Au carnaval on jetait des dragées, et c'était les premiers confetti. Ca vient du mot 'confetto', qui veut dire confis." Seulement, des petits malins se sont amusés à remplacer les dragées par des bonbons guère comestibles. Alors le confetti s'est fait en plâtre. L'avènement du papier dans le monde du confetti, on le doit à de drôles de bêtes : les vers à soie. Pour les élever en Italie, on utilisait du papier perforé sur lequel on installait leur litière. Les copeaux de papier restant allaient devenir nos actuels confettis. En France, l'invasion commença au Casino de Paris dès 1891.