Rembrandt, le plus moderne des peintres de son temps

« Rembrandt le rebelle » ou comment le peintre hollandais a renversé toute une série de conventions, qui l’on conduit dans une intuition fulgurante à produire des formes et inventer des techniques qui lui survivent encore partout dans notre icônosphère.

A voir les autoportraits au crayon, les cheveux en bataille se fondant dans le chapeau, le regard inquiet et les paupières tombantes, ou encore cette tignasse qui envahit le cadre et se dessine dans le prolongement du visage on croirait deviner le trait au stylo bic de la nouvelle héroïne du roman graphique Emil Faris.

A suivre l’évolution du style de Rembrandt dans ses autoportraits (du jeune homme à l’autoportrait en apôtre Paul), comme le récit de sa vie quotidienne, ou les scènes qu’il saisit lors de promenades à travers Amsterdam, on pourrait croire défiler son fil Instagram.

Enfin à observer ses techniques inédites de peinture et ses jeux de lumières en clair obscur, c’est un Rembrandt directeur de la photo, grand chef opérateur, qui se détache, un découvreur du « flare », cet effet de lueur brouillée cher à des réalisateurs comme JJ Abrahams.

De toute façon, chaque époque et son mouvement ont pu voir en Rembrandt ce qu’ils voulaient y voir. Incarnation de l’Oxymore pour les romantiques, peintre politique affranchi pour les réalistes, maître de l’ineffable pour les surréalistes, ou encore père de l’image matière pour les expressionnistes abstraits !