La guerre de l'eau potable

Mayotte, l'eau est bleu turquoise et les terres couvertes d'une végétation luxuriante. Vue du ciel l'île est paradisiaque. Mais la carte postale disparaît à l'entrée des quartiers populaires de Mayotte, comme à Mirereni. Houlam Chamssidine, ingénieur, ne s'est jamais habitué à une réalité de l'île :  une rivière, qui sert aussi d'égout et qui est aussi la seule source d'eau. Les habitants y font la vaisselle et s'en servent pour leur propre consommation. Beaucoup de réfugiés et de Français pauvres vivent dans les environs. 

 

Il y a deux ans, Mayotte a connu la pénurie et les rationnements. Des milliers de personnes ont été contraintes de se laver en pleine rue. L'épisode a marqué les habitants alors certains, qui ont accès à l'eau potable, stockent des bidons au cas où. Antufati Hafidou a ainsi subi 15 coupures d'eau l'an dernier. Les canalisations vieillissantes et les réserves en eau limitées seraient à l'origine des pénuries. Une large partie des approvisionnements dépend de réservoirs d'eau de pluie, comme des lacs artificiels. Mais certains ne sont remplis qu'aux deux tiers malgré les 25 millions d'euros investis par l'État en 2017 dans un plan eau.