Un éleveur de dromadaire pas comme les autres...

"Je connais le désert et le désert me connaît", assure celui qui, pour se présenter, décline les noms de ses ancêtres sur cinq générations, comme le veut la tradition.

Tout en ayant une page Facebook et un compte WhatsApp, qui ne parlent que techniques d'élevage, recherches scientifiques et courses de dromadaires.

Il regrette que "la filière cameline ait été valorisée partout dans le monde, sauf ici". Pourtant, selon lui, le lait est appréciés des amateurs de produits sains, la viande de chamelon, vendue sur les marchés locaux, "est excellente".

L'élevage intensif de dromadaires, en plein essor dans d'autres pays arides comme l'Arabie Saoudite, a fait l'objet de quelques études des autorités marocaines, mais n'est en effet pas d'actualité dans le désert de l'Oued Eddahab.

Les projets de développement dépendent entièrement du Maroc qui contrôle 80% du Sahara occidental depuis les années 70 et veut en faire un territoire "autonome sous sa souveraineté".

Le mouvement indépendantiste du Front Polisario, lui, appelle à un référendum d'autodétermination du peuple sahraoui dans l'ancienne colonie espagnole. Les Nations unies s'efforcent depuis des décennies de trouver une solution de compromis.

Comme beaucoup dans sa tribu, Habiboullah Dlimi a des proches de l'autre côté du mur de sable qui sépare les deux camps sur plus de 2.500 km. Il a choisi la "fidélité" pour le Maroc, les autres "veulent l'indépendance", avec le Polisario. Malgré tout, "les tribus restent les tribus, c'est une organisation sociale, on a un lien très fort entre nous", dit-il.

Décidé à "préserver le passé pour l'avenir", l'éleveur a créé une association culturelle perpétuant les traditions héritées d'un temps où "les frontières n'existaient pas", quand "les familles suivaient les troupeaux et les nuages".