Les Amérindiens entre la précarité et la pandémie

 

Cela ne date pas d'hier... Depuis la pleine possession du continent américain par les conquistadors au XVIIIème siècle, les Amérindiens, du nord jusqu'à l'extrême-sud, n'ont cessé d'être combattus, massacrés, réprimés, parqués, acculturés par "l'homme blanc civilisé". Et ce dernier, pour le même prix lourd à payer, leur a transmis toutes les grandes épidémies successives.

Ces nations indiennes n'avaient, une fois de plus, aucune chance d'échapper au nouveau coronavirus. Parmi elles, les Navajos, présents dès le XVIème siècle dans le sud-ouest des Etats-Unis, se retrouvent en première ligne sur le front de la pandémie qui provoque tant de pertes à travers le pays. On parle à juste titre de New York, mais on oublie le plus grand territoire amérindien, celui du peuple navajo. La différence notable en revanche, c'est la pauvreté des services de santé dont disposent ces Amérindiens : une douzaine de centres médicaux sont perdus au milieu d'un immense territoire de 71 000 kilomètres carrés, qui chevauche plusieurs régions du Nouveau-Mexique, de l'Utah et de l'Arizona.