Cristo emballe le Centre Pompidou

Pour sa réouverture, le centre Pompidou, à Paris, offre une session de rattrapage. La rétrospective consacrée à Christo, décédé le mois dernier, et à son épouse Jeanne-Claude, doit débuter le 1er juillet prochain. L'exposition devait initialement être visible dès la mi-mars, au moment du confinement. Elle revient sur les années parisiennes du tandem artistique, qui ont constitué la genèse d'une oeuvre majuscule.

"Christo, pour moi, c’était un être terriblement attachant", estime Serge Lasvignes, Président du centre Pompidou, "un être unique, un être très spécial, qui avait à la fois une dynamique, une volonté, une ténacité très forte, et en même temps une grande humanité, un grand plaisir de contacts humains. Sa conception de l’emballage comme une manière de nous faire revoir en mieux les choses : je les cache pour qu’on les voie mieux. Et deuxièmement : je m’engage dans une démarche qui est une démarche de sociabilité artistique, c’est-à-dire que ce qui importait à Christo, ce n’était pas seulement le résultat, c’était tout le processus, c’est-à-dire convaincre, discuter, échanger avec les gens".

 

Christo, qui a fui le régime communiste de sa Bulgarie natale, arrive dans la capitale française en 1958, pour y rester six ans, prélude à ses aventures new-yorkaises. C'est ici qu'il se tourne vers l'empaquetage et conçoit déjà des projets monumentaux. Ses installations les plus remarquées comme l'enveloppement du Reichstag, à Berlin, ou encore celui du Pont Neuf à Paris, auront mis des années, voire des décennies à voir le jour, exclusivement financées par la vente de ses oeuvres.