Ernest Pignon Ernest

Je l'ai rencontré. Il était chauffeur de taxi et comme je le voyais de dos, je n'aperçevais que sa tête grisonnante et je reconnus sa voix, suave et un peu erayée. C'est lui qui a peint sur d'immenses toiles des tableaux de Pasolini et les a expposé dans Civita Vecchia à Rome... Je lui ai demandé, au fil de la conversation, de quelle région il venait et il m'a parlé du Morvan en des termes choisis. Cette origine lui était chère et j'ai repensé à mon Berry natal avec émotion....Il me dit avoir vécu jeune à Bourges et il me dit que les vitraux de la cathédrale étaient orientés à l'ouest, contrairement à ceux de Chartres ou le contraire. Bien sûr il n'était pas le peintre de street art mais j'écoutais sa voix qui me berçait.Vint le moment où je devais quitter sa voiture mais je lui commandai une autre course...Il ést très sévère avec Bansky, ce peintre qui fait apparaître, ici ou là de petits tableaux d'un personnage qui fait penser à un Poulbot mais son imagination est grande. Le travail d'Ernest est plus rigoureux quand il fait ressortir les veines des bras de son artiste crucifié. Je me souviens avoir assisté à une conférence avec Régis Debray  et le profil d'Ernest qu'il en faisait était émouvant de justesse....Les deu amis conversaient mais c'était Debray qui s'exprimait ouvertement. Ernest est plus réservé, introverti; Mais après tout, ne serait-ce pas lui qui jouait les chauffeurs de taxi quand j'ai eu la chance de !monter dans sa voiture...A y bien réfléchir je crois que je l'ai rencontré dans une autre vie. Il n'y a que lui pour parler de son travail, de la rigueur quant à l'environnement de sa toile, qui n'est pas rejeté ni déchiré car il s'inscrit méthodiquement dans le cadre qui lui convient; C'est presque magique...