Festival des mémoires de la mer


« Qu’il y ait toujours à notre porte cette aube immense appelée mer » – Saint John Perse.

En ce qui concerne le différend portant sur ce qui doit être la délimitation du plateau continental entre les deux pays, le noyau du problème se trouve lié au rôle à attribuer aux îles. Grosso modo, pour la Grèce, les îles doivent êtres considérées sur un pied d’égalité avec la terre ferme continentale, tandis que, pour la Turquie, elles ne peuvent bénéficier d’un tel statut vu la situation particulière de la mer Egée, autrement dit, de son partage entre ses deux riverains.

Chaque partie argumente différemment dans la mesure où les diverses stipulations et ententes internationales récentes semblent plutôt aller dans le sens des positions grecques. Forte de cette tendance actuelle, la Grèce appuie ses thèses sur des arguments de type général. Or, la Turquie, pour les contrecarrer, ne peut que se prévaloir de l ‘exceptionnalité de la situation et requérir une nouvelle jurisprudence en accord avec les exigences d’équité Les principaux arguments de la Grèce sont les suivants :
a) les iles ont droit, en leur nom propre, à un plateau continental ;
b) le territoire continental et les îles égéennes forment ensemble l’unité politique et territoriale de l’Etat grec et entre les deux composantes, l’existence d’un élément territorial étranger n’est guère admissible ;
c) la délimitation du plateau continental entre les deux pays ne peut se réaliser, par là même, que suivant le principe de l’équi distance entre les côtes turques et les extrémités du territoire grec, c’est-â-dire les îles grecques situées le plus à l’Est de la mer Egée....