Printemps arabes

Dégage !" Il y a dix ans, une série de soulèvements populaires éclataient dans les pays arabes au sud et à l'est de la Méditerranée. En Tunisie, en Egypte, en Libye, en Syrie ou au Yémen, les manifestants ont envahi les rues et la toile pour demander la chute de régimes dictatoriaux ou autoritaires installés depuis des décennies. Sous le slogan "le peuple veut la chute du régime", ils exigeaient l'instauration de la démocratie, la justice sociale, la dignité, face à la corruption, aux inégalités et à la répression.

Aujourd'hui, les espoirs portés par ces révoltes – baptisées "printemps arabes" par les médias occidentaux en référence aux "printemps des peuples" en Europe en 1848 – sont largement déchus. En Tunisie, en Libye et en Egypte, les protestations ont conduit à la chute historique de leurs dictateurs, mais seule la Tunisie a connu, à ce jour, une transition démocratique.

En Libye, l'Etat s'est effondré, laissant place à une situation de chaos entre groupes rivaux. En Egypte, une contre-révolution et un coup d'Etat ont permis au maréchal Al-Sissi de prendre la tête du pays. Dans d'autres pays comme la Syrie et le Yémen, les guerres ont reconfiguré la région et provoqué des centaines de milliers de morts et l'exil de millions de réfugiés.